Publié le 22/10/2026

Article paru avec l’aimable autorisation d’AEF

Leurs différents appels sont pour le moment restés lettre morte et elles craignent que celui‑ci connaisse un sort identique. À l’occasion d’une conférence de presse sur le projet de budget du gouvernement, quatorze organisations de l’inclusion dans l’emploi demandent, mardi 20 octobre 2026, le maintien des moyens budgétaires de leurs structures dans le projet de loi de finances (PLF) pour 2027.


Ces représentants des acteurs de l’insertion, dont l’Union nationale des Missions Locales (UNML), l’union nationale des entreprises adaptées (Unea), le Collectif IAE, l’union des employeurs de l’économie sociale et solidaire (Udes) ou encore l’association Territoires zéro chômeur de longue durée (TZCLD), considèrent que le projet présenté par l’exécutif menace 5 600 emplois en 2027, après 11 000 suppressions entre 2025 et 2026.


“Le budget 2027 acte l’abandon de l’objectif de plein‑emploi et prévoit de nouvelles baisses de moyens pour les structures d’inclusion, suivant une tendance engagée depuis plusieurs années”, déplorent ces organisations qui accompagnent 1,44 million de personnes, parmi lesquelles 1,1 million de jeunes en Missions Locales, 300 000 personnes dans l’insertion par l’activité économique, 40 000 personnes en situation de handicap dans les entreprises adaptées et 4 300 salariés en entreprise à but d’emploi (EBE).

“Tout euro investi dans les politiques d’inclusion est récupéré”

Une nouvelle fois, ces structures dénoncent des baisses de moyens qui fragilisent leur capacité d’accompagnement, alors que le chômage repart à la hausse. “C’est un cri d’alerte que nous lançons aujourd’hui”, s’inquiète Fabrice Van Kote, vice‑président de l’UNEA. Ce dernier dénonce en particulier un “non‑sens économique”, budgétaire et social.

“Tout euro investi dans les politiques d’inclusion est immédiatement récupéré en charges sociales et en impôt”, explique‑t‑il, considérant que le maintien au chômage des personnes qui ne parviennent pas à en sortir contribue à creuser le déficit public.

Les quatorze organisations répètent à l’unisson qu’avec ce projet de budget présenté par l’exécutif, des missions locales au dispositif territoire zéro chômeur, “tous ces parcours sont mis en péril”. Ainsi, chacune, à sa manière, met en avant les conséquences des réductions budgétaires sur ses capacités d’accompagnement.

De l’argent manquant pour le dispositif territoire zéro chômeur

Selon l’UNML, les crédits des Missions Locales diminuent de 5,5 % dans le PLF 2027, portant leur baisse cumulée à 18 % en trois ans. “Ce sont des conseillères et conseillers en moins !”, insiste son président, Stéphane Valli.

Le maire de Bonneville (Haute‑Savoie) raille également “l’inconstance des politiques publiques”, citant notamment les évolutions successives des aides à l’apprentissage. “Nous devons arrêter d’avoir une vision court‑termiste”, insiste‑t‑il, appelant à maintenir les moyens consacrés à la jeunesse et à l’insertion dans le projet de loi de finances.

Pour les entreprises à but d’emploi, le besoin total de financement atteint 94 millions d’euros, bien loin des 63 millions d’euros promis par le gouvernement dans le projet de budget. “Il nous manque plus de 20 millions juste pour maintenir nos effectifs”, plaide Florence Bravaccini, directrice générale de TZCLD, pour qui le compte n’est y pas, comme l’a expliqué l’association auprès d’AEF info.

Un lien avec la contribution du ministère du Travail

Plus largement, pour la dizaine d’associations, ces économies demandées aux structures sont la conséquence directe du choix du gouvernement de faire contribuer le ministère du Travail à hauteur de 2,5 milliards d’euros dans le budget 2027.

“C’est une mauvaise stratégie car ce qu’on ne va pas réaliser va déboucher sur de la colère”, prévient Nadia Landry, présidente de la fédération des entreprises d’insertion (FEI), dans une référence à peine voilée aux évènements de ce week-end.

Les représentants des structures prévoient d’interpeller les parlementaires et les futurs candidats à la présidentielle à ce sujet pour obtenir des engagements. Leur message sera simple, affirment‑ils : “Sabrer dans ces budgets ne fait que creuser le déficit à long terme.” Ou, autrement dit, “l’inclusion vers l’emploi n’est pas un ajustement budgétaire. C’est un investissement d’avenir dont la France ne peut se passer”, résume Jean‑Philippe Trouvé, vice‑président de Chantier École.

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