Publié le 05/10/2026

Crédit photo : Anouk Desury

Ces derniers mois, l’Union par le biais de son communiqué de presse du 22 juillet, puis lors d’entretiens conduits auprès de l’Élysée, de Matignon et d’une vingtaine de ministres, dont celui du Travail, rencontré à plusieurs reprises. Des inquiétudes renouvelées lors de Rentrée des élus du réseau des Missions Locales, du 30 septembre au Sénat en présence de Benjamin Maurice, Délégué général à l’emploi et à la formation professionnelle.

Les financements prévus pour les Missions Locales

En l’état actuel du projet de loi de finance, les Missions Locales bénéficieraient d’un financement de l’État de :

  • 522,11 M€ en autorisations d’engagement
  • 525,44 M€ en crédits de paiement

Ce montant représente une baisse de 5,55 % par rapport à 2026  qui s’élevait à 552,8 M€ en autorisations d’engagement. Entre 2024 et 2027, les financements des Missions Locales passent ainsi de 635 M€ à 522 M€, soit une baisse de 17,8 % en trois ans. Des crédits qui ne couvrent pas uniquement le fonctionnement et la structuration du réseau mais également l’accompagnement des jeunes  par le biais du CEJ, PACEA ou encore la mise en œuvre de l’obligation de formation des 16-18 ans. 

Outre cette baisse, l’Union souhaite mettre en exergue trois points particuliers :

  • La stabilité des entrées en CEJ : comme en 2026, l’objectif d’entrées est maintenu à 188 840 pour les Missions Locales et 80 000 pour France Travail. 
  • Le Maintien des crédits PACEA : 42,28 M€ en autorisations d’engagement et en crédits de paiement, à un niveau quasi similaire à 2026.
  • La création de nouveaux indicateurs et cibles pour 2027, en lien avec la Convention pluriannuelle d’objectifs des Missions Locales 2026–2028.

A noter également que France Travail subit une baisse de 400 ETP (moins de 1 % de ses effectifs) et sa subvention pour charge de service public passe de 1,163 Md€ à 952,36 M€ (-18,11 % en un an).

La position de l’UNML

L’UNML revendique une préservation des moyens consacrés à l’accompagnement des jeunes dans le contexte de paupérisation et de développement des vulnérabilités. 

  • La situation de la jeunesse

Plus d’un jeune sur cinq est sans emploi ; le taux de chômage des 15-24 ans atteint 21,6 %, en hausse de 2,5 points sur un an – un niveau trois fois supérieur à celui de l’Allemagne et nettement au-dessus de la moyenne européenne. La pauvreté des jeunes continue de progresser. Ces derniers jours, la présence des lycéens dans la rue est l’expression de la détérioration de la situation sociale et du mal-être de la jeunesse. Cette jeunesse devrait être la priorité centrale de l’Etat. 

Jamais l’action des Missions Locales n’a été aussi nécessaire pour accompagner toutes les jeunesses par une approche globale, prenant en compte toutes les levées de freins, le logement et les mobilités notamment.

  • L’urgence sociale

La diminution constante des moyens depuis trois ans dégrade le service rendu aux jeunes, avec des conséquences sociales délétères : allongement des délais d’accompagnement, réduction de l’offre sur les territoires, jeunes privés de perspectives d’avenir.

Le tissu social de proximité est en train de se déliter dans tous les territoires, là même où il est le plus utile.

  • Le calendrier démocratique

La campagne « Présidentielle 2027 » devrait être un moment fort pour agir pour toutes les jeunesses. La responsabilité budgétaire ne peut se réduire à l’horizon d’un exercice comptable.

  • Sécuriser le modèle économique des Missions Locales dans la durée.

L’UNML demande la sanctuarisation du principe de bornage et de son niveau, une réforme de la CPO compatible avec les moyens réellement disponibles et un mécanisme de sécurisation pour les structures en difficulté.

  • Les professionnels du réseau.

L’augmentation continue de la charge administrative pèse sur les 13 800 professionnels des Missions Locales. Sans consolidation, leur situation continuera de se dégrader, avec des répercussions déjà sensibles sur la santé mentale et la santé au travail.

L’appel de l’Union et du réseau

Investir dans les Missions Locales, c’est investir dans l’emploi des jeunes, dans l’autonomie, dans la cohésion sociale et dans les territoires. Le choix budgétaire du PLF 2027 doit être celui d’un investissement, non d’une économie de court terme.

Pour 2027, l’UNML demande le maintien des moyens, la garantie d’un cadre stabilisé et sécurisé des financements, une diminution significative de la charge administrative et la prise en compte de la santé mentale des jeunes accompagnés par le renforcement des partenariats avec les acteurs de santé.

L’UNML a d’ores et déjà pris attache avec le cabinet du ministre du Travail pour dire l’insatisfaction du réseau devant ce projet de loi de finances. Un prochain rendez-vous est prévu, afin d’obtenir des réponses gouvernementales plus en adéquation avec la réalité sociale très dégradée des jeunes accompagnés par les Missions Locales. L’UNML engage toutes les voies et moyens pour obtenir des améliorations de ce projet de budget inacceptable.  

L’Union  compte sur la mobilisation du réseau, des  élus et financeurs locaux pour entendre cette voix.

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