[AEF] Sous l'effet de la crise, les jeunes sont encore plus inquiets pour leur avenir (étude Drees et baromètre UNML)

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Deux baromètres, distincts, mettent en avant l’inquiétude des jeunes en cette période de crise sanitaire et économique. D’une part, le baromètre de la Drees révèle que l’impression d’un déclassement augmente parmi les jeunes. Chez les moins de 30 ans, le sentiment de se trouver dans une situation pire que celle de ses parents au même âge a augmenté de 14 points en un an. D’autre part, le baromètre de l’Union nationale des Missions Locales précise que 42 % des jeunes se déclarent inquiets pour leur avenir. Soit près de 10 points de plus qu’en 2020.

Un article d'Alexandra Turpin, diffusé avec l'aimable autorisation d'AEF

Les jeunes ont souvent été présentés comme les premières victimes de la crise économique et sociale, liée à la pandémie de Covid-19. Deux études, distinctes, permettent de mieux mesurer leur état d’esprit et leurs craintes, dans cette période particulière.

Déclassement intergénérationnel

La Drees publie, jeudi 1er juillet 2021, une nouvelle édition de son baromètre qui suit, chaque année, depuis 2000, l’évolution de l’opinion des Français sur la protection sociale, les inégalités et la cohésion sociale. 4 002 personnes ont été interrogées en face-à-face du 19 octobre 2020 au 4 janvier 2021. Cette édition, réalisée dans un contexte de crise sanitaire, montre que la part des personnes qui jugent leur situation "mauvaise" s’accroît, surtout parmi les travailleurs, les jeunes adultes et dans les agglomérations de plus de 100 000 habitants.

Chez les moins de 30 ans, le sentiment de se trouver dans une situation pire que celle de ses parents au même âge (déclassement intergénérationnel) a augmenté de 14 points en un an (de 22 % fin 2019 à 36 % fin 2020) . Ils deviennent ainsi plus nombreux que ceux qui jugent leur situation meilleure que celle de la génération précédente (28 %), commente la Drees.

La crainte du chômage en hausse

Après la forte baisse observée entre fin 2017 et fin 2019, la crainte du chômage retrouve, fin 2020, son niveau de 2017 : 48 % des personnes interrogées jugent qu’il y a un risque de chômage dans les mois à venir pour eux ou leurs proches.

Pour les moins de 30 ans, la hausse de la peur du chômage est deux fois plus forte que chez les plus de 40 ans en activité (+15 points, pour atteindre 63 %, contre +8 points pour atteindre 42 %). Alors que, jusqu’à fin 2019, les jeunes représentaient la classe d’âge où l’optimisme était le plus fort (68 %), ils ne sont plus que 51 % à être de cet avis fin 2020, un niveau comparable à celui du reste de la population de moins de 60 ans.

De même, le sentiment de pauvreté n’augmente que chez les jeunes adultes : 26 % fin 2020 contre 20 % fin 2019. Pour la population générale, fin 2020 comme fin 2019, une personne sur cinq se considère comme pauvre, et une proportion comparable estime qu’elle risque de le devenir au cours des cinq prochaines années.

42 % des jeunes inquiets pour leur avenir

L’UNML publie, elle, son baromètre annuel réalisé auprès de 38 998 répondants. Pour la quatrième année consécutive, les 436 Missions Locales de France ont donné la parole aux jeunes qu’elles accompagnent. Les résultats de cette enquête dévoilent que près de 42 % des jeunes déclarent être plutôt ou très inquiets en ce qui concerne leur avenir. Un chiffre en évolution puisque cela concernait 33 % des jeunes interrogés en 2020.

Le thème de l’emploi concentre les inquiétudes des jeunes. En effet, plus de 77 % déclarent avoir peur de ne pas trouver un emploi à cause de la crise. Ce qui a été le plus anxiogène pour les répondants, au cours de cette année, a été pour 57 % d’entre eux, la difficulté à trouver un emploi, suivi par l’ennui (45 %), les difficultés financières (44 %) ainsi que l’isolement (40 %).

Les répondants ayant des difficultés à trouver un emploi (+11 points par rapport à l’enquête de 2020), des difficultés financières (+10 points) ou relatives à leur logement (+6 points) se déclarent plus souvent plutôt inquiets ou très inquiets pour leur avenir. "Leurs préoccupations sont ainsi directement liées à la précarité de leurs situations et de leurs conditions matérielles de vie et affectent leur capacité à se projeter sereinement", commente l’UNML.