Publié le 11/06/2024

L’investissement sur le sujet de la participation de son public, la Mission Locale de Villeneuve-sur-Lot (47) et celle de Vitry-sur-Seine (94) l’ont notamment manifesté dans l’aménagement de leurs espaces d’accueil. Les directions de ces Missions Locales ont décidé de penser et repenser les locaux de leur structure pour qu’ils répondent aux besoins de tous·tes et en particulier des personnes accueillies et accompagnées.

Nous sommes allés les rencontrer !

A la Mission Locale de Villeneuve-sur-Lot (47, Nouvelle-Aquitaine), la Directrice Virginie Le Corre-Steinbach et son équipe s’investissent continuellement pour penser l’aménagement des lieux et les projets qui vont avec.

Dès l’entrée, une ambiance se dégage de cet espace d’accueil. Les baies vitrées qui ouvrent sur la rue permettent un éclairage naturel complété de quelques guirlandes lumineuses et ampoules suspendues. Un grand espace mural est consacré à l’information papiers par thématiques (logement, formation, emploi mais aussi santé, culture et loisirs). Pour patienter un espace avec canapés et fauteuils gris clair et une table basse : un bouquet de fleur, des prospectus, le quotidien local et des préservatifs. Les prises au sol permettent de recharger son téléphone si besoin. Un peu plus loin, on peut s’assoir dans un canapé confortable en forme de capot de voiture. Un écran diffuse les informations de la Mission Locale, un réseau Wifi est disponible et quelques plantes vertes décorent le tout.
« Est-ce que c’est un magasin de déco ? »
Une question amusante qui a déjà été posé à l’équipe par des passant·es. Cela en dit long sur l’aménagement du lieu et ce qu’il dégage. L’objectif, clairement affiché par la directrice, est de s’éloigner le plus possible de l’image d’une administration, d’une institution froide et impersonnelle. Cela témoigne de l’investissement de la structure dans la démarche d’aller-vers. On peut y retrouver les codes sociaux et références de son public : un compteur de followers facebook et instagram, du vintage, un babyfoot en libre-service. En termes d’innovation, la structure ne s’arrête pas là ! Dans son espace numérique, une table suspendue et ses chaises balançoires permettent de consulter ses mails et faire ses démarches numériques. Cet espace d’accueil est indissociable de la gestion qu’il en est fait par les professionnels·les. Ils et elles qui n’hésitent pas à sortir de derrière la banque d’accueil pour aller à la rencontre des personnes qui ouvrent les portes de la structure, Mission Locale mais aussi point France Services (point d’accès et accompagnement au numérique tout public consacré aux démarches administratives).

A la Mission Locale de Vitry-sur-Seine (94, Ile-de-France), l’espace d’accueil et son aménagement représentent un chantier important pour l’équipe de la structure comme nous en fait part son Directeur, Florent Michelin.

Ici l’accueil se fait par un·e professionnel·le, au pas de la porte, accompagné d’un verre d’eau, d’un café ou d’un thé au choix. La précédente banque d’accueil particulièrement imposante a été supprimée, le·a professionnel·le vient vers nous dès notre entrée et nous demande la raison de notre venue. C’est la démarche de l’aller-vers qui est particulièrement mise en pratique ici aussi. C’est l’idée d’équilibrer la relation dès l’entrée dans les lieux, bénéficiant tant aux jeunes qu’aux professionnel·les. Le public est accueilli physiquement dans cet espace et a la possibilité de converser avec la personne qui la reçoit. L’objectif est d’accéder le plus directement possible à la Mission Locale. Pour le Directeur, il n’est pas question de simple « gestion des flux » mais un accueil et une animation qui créer une relation privilégiée et permet l’accès à un premier niveau d’information.

Pour patienter, ce sont des canapés aux formes arrondies qui rappellent les suspensions oranges au plafond. Sur la table basse, quelques prospectus, des stylos et des préservatifs en libre accès. Les nombreuses prises de courant accessibles depuis cet espace d’attente permettent de recharger son téléphone. Pour pouvoir regarder et écouter l’écran dédié aux informations Mission Locale, des casque audios sont disponibles. Les baies vitrées, installées à l’occasion de travaux en …, ont été pensées pour faire entrer davantage de lumière et ouvrir sur l’extérieur. Dans les toilettes, une table à langer facilite très certainement la vie de certain·es jeunes assumant leurs obligations parentales. Grâce aux postes directement accessibles depuis l’accueil, il est possible de réaliser quelques démarches en toute autonomie (avec l’appui du/de la conseillier·ère chargée d’accueil de la journée) : prendre un rendez-vous, consulter les offres d’emploi, ou encore s’inscrire à un atelier. L’espace numérique, juste à côté, permet un accès rapide à un ordinateur pour des démarches plus longues. La table y est amovible, elle peut se monter et se descendre en fonction des besoins pour garantir une plus grande accessibilité.

En résumé

Réaménagement de l’accueil, réorganisation des bureaux, fresque collaborative, ou encore réflexion et mise en place d’espaces dédiés aux activités et besoins du public, les projets sont nombreux dans le réseau des Missions Locales ! En fonction des ressources et objectifs de chaque structure, la dimension d’espace est investie pour penser au mieux la relation que la structure entretient avec son public et inversement.

Par l’aménagement de leurs espaces, les Missions locales témoignent de la prise en compte des individus et de leurs besoins. Elles deviennent « un espace cohérent où se construire »*. Elles sont des lieux de références pour leurs publics dont le sentiment de légitimité à exister en tant que personnes accompagnées et en tant que citoyens·nes se voit renforcer. Il est aussi question de « dignité » selon les professionnel·les rencontrés·es pour qui les espaces de la structure témoignent du respect porté au public.

Bien que les conditions matérielles ne peuvent se substituer à un accompagnement de qualité, elles facilitent les rapports entre les publics et les structures. Elles peuvent offrir un espace sécurisé et un espace à vivre où organiser ses projets. Elles peuvent également donner l’envie et la possibilité de s’investir dans le parcours d’accompagnement ou même dans la vie de la structure. L’investissement et la réflexion sur ces espaces de la part de la structure son nécessaires pour créer les conditions d’une potentielle participation du public.

«  Seuls les jeunes qui trouvent un lieu où il leur est possible de ‘reglobaliser’ une vie éclatée : école, rue, entreprise, logement,… arrivent à se situer et à s’insérer dans la société. »*

* SCHWARTZ Bertrand, L’insertion professionnelle et sociale des jeunes, Rapport au Premier Ministre, La Documentation française, 1981
Retour