Publié le 04/05/2026

Pourquoi avoir choisi de devenir élu référent sur les questions économiques ?

Thierry Marty : Mon engagement repose d’abord sur une conviction forte : on ne peut pas parler d’emploi sans parler d’employeurs. Il s’agit de rapprocher le monde économique de celui de la jeunesse, de créer des ponts entre ces deux univers qui, trop souvent, s’ignorent. C’est aussi une appétence personnelle pour le monde de l’entreprise qui m’anime. Sans cette proximité, sans cette compréhension mutuelle, les jeunes risquent de passer à côté d’opportunités qui pourraient changer leur avenir.

La Commission Économie et Territoires s’est réunie le 14 avril. Quelles sont ses contributions à la feuille de route nationale ?

TM : La feuille de route nationale est le fruit direct des échanges menés au sein de la commission. Il y a un an, nous partions d’un constat clair : les Missions Locales avaient besoin d’outils pour mieux orienter les jeunes vers les secteurs porteurs. Aujourd’hui, nous pouvons mesurer le chemin parcouru.

Nous avons couvert l’ensemble des secteurs d’activité – banque, assurance, immobilier, communication, maintenance, santé, services à la personne, support aux entreprises, transport… Pour chacun, un support a été créé, permettant aux conseillers de Mission Locale d’identifier rapidement les opportunités et de guider les jeunes vers les métiers qui recrutent. Ces fiches secteurs sont également utiles pour identifier les secteurs qui emploient le plus dans chaque région.

L’an dernier, nous avons choisi de concentrer nos efforts sur le secteur industriel. Résultat : le nombre de jeunes accompagnés dans le parcours industrie a augmenté, et l’industrie est passée du 7e au 5e rang des orientations des Missions Locales. C’est la preuve qu’une stratégie nationale peut avoir un impact concret sur le terrain.

Nous avons aussi formalisé une offre de service claire et lisible pour les employeurs, accompagnée de la campagne de communication “Coup de jeune”, visible notamment sur LinkedIn. L’objectif ? Faciliter le dialogue entre les entreprises et les Missions Locales et ainsi multiplier les opportunités pour les jeunes.

Quels sont les enjeux et perspectives de la stratégie de partenariats avec le monde économique ?

TM : L’enjeu principal est de capitaliser sur les succès obtenus, notamment dans l’industrie et de dupliquer cette dynamique sur d’autres secteurs. La confiance des partenaires est un signal fort : cette année, la Commission Économie et Territoires a accueilli encore plus d’acteurs – État, Chambre des Métiers et de l’Artisanat, UIMM, plusieurs OPCO, etc.

Nous allons préciser nos priorités dans les semaines à venir, avec une attention particulière pour l’apprentissage.

En tant qu’élu local et président de Mission Locale, quelles sont les principales problématiques des jeunes aujourd’hui ?

TM : Les défis varient selon les territoires – montagne, littoral, zone rurale ou métropole. Mais un besoin est universel : la découverte. Comment s’intéresser à un métier si on ne sait pas qu’il existe ? Comment choisir une voie si on n’a jamais mis les pieds dans une entreprise ou rencontré un professionnel ?

Notre rôle est de contribuer à cette ouverture. Cela passe par une posture de curiosité, d’écoute et une volonté de lever les préjugés. Très concrètement, les employeurs sont invités à ouvrir les portes de leur entreprise, parler de leurs métiers, proposer des mises en situation… Sans cela, les jeunes risquent de reproduire les parcours de leurs proches, un peu par défaut.

Pouvez-vous citer des actions emblématiques menées avec les partenaires économiques pour faciliter l’insertion des jeunes ?

TM : Deux exemples récents illustrent notre approche :

« Vis ma vie » en apprentissage
Une journée où élus, artisans, jeunes en apprentissage et jeunes de Missions Locales ont partagé des ateliers pratiques dans un CFA. Les jeunes en apprentissage coachaient les autres sur des travaux concrets. Résultat : sur 10 jeunes participants, 2 ont signé un contrat d’apprentissage le mois suivant. Cette agilité institutionnelle – avec des inscriptions possibles dès janvier dans les CFA – permet d’éviter des périodes d’incertitude trop longues pour les jeunes.

Webinaires de déclinaison locale
Avant la pause estivale, nous présenterons la convention nationale signée avec l’UIMM lors d’un webinaire, pour partager les bonnes pratiques et présenter plus en détails le “Parcours Industrie » qui sera immédiatement suivie d’ateliers régionaux, toujours en visio. L’objectif ? Gagner 6 à 8 mois dans la mise en œuvre locale des orientations nationales. C’est une façon de transformer l’essai, de passer de la décision à l’action, rapidement et efficacement.


En conclusion, Thierry Marty insiste sur l’importance de la collaboration entre tous les acteurs – Missions Locales, employeurs, institutions – pour offrir aux jeunes des parcours d’insertion concrets et inspirants. « L’enjeu, c’est de faire en sorte que chaque jeune puisse découvrir, choisir et s’épanouir dans un métier qui lui correspond. »

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