Pouvez-vous revenir sur les grandes étapes de votre parcours professionnel ?
J’ai débuté ma carrière dans le conseil auprès des syndicats de salariés, au sein du cabinet Secafi (groupe Alpha). Mon rôle consistait à accompagner les syndicats, que ce soit pour des entreprises en difficulté ou pour des questions stratégiques plus larges.
J’ai ensuite été directeur de cabinet d’une mairie, puis j’ai travaillé au Sénat, d’abord à la Commission des affaires sociales, avant de rejoindre le ministère de la Défense en 2014 comme conseiller, puis chef de cabinet du secrétaire d’État.
Plus récemment, j’ai dirigé le cabinet du président de la Fédération APAJH, qui accompagne 32 000 personnes en situation de handicap dans 700 établissements, avec 15 000 professionnels. Mon action s’est notamment concentrée sur l’insertion professionnelle, notamment via le travail accompagné et protégé (ESAT et entreprises adaptées) avec une belle réalisation : la levée du moratoire de 2013 et la création de la première entreprise adaptée et du premier ESAT de Mayotte. L’APAJH se distingue par son accompagnement de tous les types de handicap, à tous les âges de la vie, avec une attention particulière pour la jeunesse et l’inclusion de tous dans une pleine citoyenneté.
L’insertion des jeunes : un enjeu transpartisan
Quelle est votre vision des politiques publiques d’insertion des jeunes, notamment le rôle des Missions Locales, des ARML et de l’UNML ?
L’insertion professionnelle des jeunes est un sujet qui dépasse les clivages politiques. Tout le monde s’accorde sur l’importance de permettre à chaque jeune d’accéder à un emploi – même si, aujourd’hui, on parle davantage d’emplois que de métiers pour la vie.
Dans un contexte de contraintes budgétaires, l’UNML, les ARML et les Missions Locales ont un rôle clé : montrer concrètement ce qu’elles font. La transparence sur leur action est essentielle pour convaincre. Chaque jour, des milliers de jeunes bénéficient d’un accompagnement par l’un des 15000 professionnels qui améliore leur situation, même si ce n’est pas toujours magique. C’est une responsabilité collective qui ne fait pas débat sur le fond.
Élus et professionnels : un binôme gagnant
Comment voyez-vous la répartition des rôles entre les élus et les directeurs au sein des Missions Locales ?
La répartition est claire et gagnante-gagnante : les directeurs et les professionnels sont des experts de l’accompagnement des jeunes, tant sur le plan professionnel que social. Les élus apportent leur connaissance du territoire et leur engagement pour défendre les moyens nécessaires auprès des pouvoirs publics et des partenaires.
Je crois beaucoup à ce binôme élu-professionnel, qui permet d’allier expertise et influence politique au service de l’inclusion de tous.
Premiers pas à l’UNML : écouter, comprendre, agir
Quels sont vos premiers objectifs à l’UNML ?
Je commence par observer, écouter et comprendre – au sens étymologique du terme : « prendre avec ». Mon rôle sera de faire le lien entre la gouvernance et l’équipe, qui est déjà solide et expérimentée.
Je n’arrive pas avec des a-priori, si ce n’est une conviction : le travail des Missions Locales est essentiel pour des milliers de jeunes. J’ai vu, autour de moi, comment cet accompagnement peut changer des vies, en offrant non seulement un emploi, mais aussi une structuration sociale, un réseau, et une ouverture sur le monde.
Un message aux partenaires publics : « Nous sommes une richesse pour le territoire »
Quel message souhaiteriez-vous adresser à nos partenaires publics ?
L’UNML et les Missions Locales représentent une richesse unique pour tous les acteurs publics et privés intéressés par l’insertion professionnelle des jeunes. Nous disposons d’une expertise terrain, disponible partout en France, et d’une connaissance fine des jeunes de 16 à 25 ans, notamment des publics vulnérables.
Nous produisons des résultats concrets et peu coûteux au regard de leur qualité. Nous avons besoin de garanties pour poursuivre notre action, et de moyens supplémentaires pour développer nos missions.