Publié le 04/05/2026

La période Covid et la grande cause nationale autour de la santé mentale ont révélé l’importance de comprendre ces phénomènes, repenser les liens et les solidarités. Les Missions Locales, en tant qu’actrices centrales de l’insertion des jeunes, sont évidemment au cœur de cette actualité.

Les premiers résultats

23 entretiens collectifs menés auprès de 160 jeunes accompagné·es dans 18 Missions Locales et 30 entretiens individuels auprès des professionnel·les de ces mêmes structures constituent une première phase d’enquête qualitative. Celle-ci a permis l’exploration et la définition du sujet de la manière la plus cohérente possible avec les personnes concernées : à savoir les jeunes en insertion.

Nous remercions chaleureusement tous·tes les professionnel·les ayant contribué, tant pour faciliter l’organisation, la rencontre avec les jeunes que pour réaliser quelques-uns de ces ateliers.

Les premières observations

Derrière le mot « solitude », se cachent différents vécus et rapports à soi. Très vite, tous les groupes rencontrés nous rappellent le caractère ambivalent de la solitude : souvent pensée comme un sentiment négatif, elle peut aussi être vécue positivement.

D’une part, tous·tes les jeunes rencontré·es s’accordent à dire que la solitude n’est pas intrinsèquement négative lorsqu’elle est choisie et lorsqu’elle ne dure pas trop longtemps. Elle permet de ralentir et de se reposer face à des interactions sociales parfois « difficiles à comprendre » ou « fatigantes ». Elle permet aussi de « se protéger » en s’éloignant de certains environnements « anxiogènes » ou « toxiques », bien qu’elle ne représente qu’une solution temporaire. Enfin, c’est aussi une manière pour les jeunes que nous avons rencontrés de mieux se connaître « en dehors des pressions sociales », de travailler leur « créativité » et de s’investir sur leurs projets.

D’autre part, la solitude « négative » se traduit majoritairement par le ressenti d’un mépris social qui les isole. Tout d’abord, c’est un sentiment de décalages subis : entre leurs vies et celles des autres mais aussi entre leur vie et leur aspiration. Elle se traduit aussi parfois par le sentiment de ne pas faire partie d’une famille, d’un groupe d’amis ou encore de ne pas partager une vision du monde commune.

« La solitude, c’est d’être incompris »

Les rapports à soi et aux autres que supposent le fait d’être seul·e ou le sentiment de solitude lui-même, se retrouvent parfois au cœur des accompagnements en Mission Locale. L’intériorisation de l’idée de « se faire tout·e seul·e » mêle alors solitude choisie et solitude subie. Au cours de leur parcours, certains jeunes transforment le manque de ressources et de soutien en une solitude assumée, parfois nécessaire. L’idée d’une autonomie qui pourrait s’obtenir par la seule bonne volonté de la personne concernée rappelle alors les logiques de cohésion sociale des sociétés dîtes « modernes ».

Ces problématiques qui apparaissent apolitiques sont en fait fondées sur des inégalités sociales préexistantes (Bordiec, La solitude des vivants, 2026).

Alors oui, la solitude est un sujet de santé publique mais pas uniquement car lorsque les conditions de vie et d’insertion alimentent les sentiments de solitude subis par les jeunes, c’est un sujet qui devient politique, économique et social.

Nos premiers résultats sont alors essentiels au cadrage de l’enquête.

Les poursuites de la recherche

Pour poursuivre ce travail, une seconde phase d’enquête se met en place autour d’un questionnaire diffusé à toutes les Missions Locales. Ce questionnaire est la modalité centrale pour prendre part à l’enquête.

Objectifs du questionnaire :

  • Mesurer et situer l’isolement des jeunes accompagné·es en Mission Locale
  • Comprendre le lien entre isolement, solitude et conditions de vie

Cible : Jeunes accompagné·es en Missions Locales, tous dispositifs et hors dispositif

Délais de réponse : jusqu’au 30 juin inclus

Résultats attendus :

  • À long terme, une analyse sociologique poussée sur la base de toutes les données recueillies au niveau national
  • À court terme, une analyse « bilan » par Mission Locale, seulement si le nombre de réponses complètes récoltées garanti l’anonymat des jeunes (20 minimum)

Pour aller plus loin et prendre part à cette enquête nationale, téléchargez le kit de passation : ICI

Plus il y aura de réponses, de diversité des profils et des territoires, plus les résultats seront solides et impactant !

Un webinaire d’information “Traits d’Union” à mi-parcours sera proposé le 28 mai. Pour s’inscrire : cliquer ici

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