Publié le 08/04/2026
Jean Bardail est président de la Mission Locale de Guadeloupe depuis 2020, membre du CA de la Mission Locale depuis sa création en 1991, maire de la Commune de Morne-à-l’eau et président de la Communauté d’Agglomération du Nord Grande-Terre. Catherine Chomereau-Lamotte est directrice de la Mission Locale depuis 2018 et présente au sein de la structure depuis 1992. Dans un entretien croisé, ils reviennent tous deux sur leur engagement dans l’accompagnement des jeunes, et sur leurs rôles et complémentarités dans le pilotage de la Mission Locale.
Pourquoi avoir choisi de vous investir dans l’accompagnement des jeunes au sein du réseau ?
Jean Bardail : Il s’agit d’un sujet sensible et d’importance sur notre territoire qui connait des difficultés sociales et économiques, ainsi qu’un taux de chômage élevé. Il me semble primordial d’accompagner cette jeunesse qui représente notre avenir, afin qu’elle soit en mesure de faire face à ces défis.
Catherine Chomereau-Lamotte : En 1992 je viens travailler à la mission locale pour accompagner des jeunes à découvrir les métiers de l’agriculture. J’ai comme projet de partir faire du développement agricole en Afrique subsaharienne. Très rapidement je découvre qu’en Guadeloupe de nombreux jeunes qui ont du potentiel ont besoin d’être accompagnés pour réaliser leurs rêves.
Rôles et complémentarités
Comment définissez-vous vos rôles respectifs au sein de la ML ?
JB : Le président est le responsable politique et stratégique de la ML. Il définit avec son conseil d’administration les orientations stratégiques. Il donne la vision, il prend les grandes décisions. Il incarne l’association.
CCL : La directrice est la responsable opérationnelle. Elle gère le quotidien de l’association, met en œuvre les orientations stratégiques et les décisions du président et du Conseil d’administration, encadre les équipes, gère et suit le budget. Elle fait fonctionner l’association au jour le jour.
En quoi vos fonctions sont-elles à la fois distinctes et complémentaires dans le pilotage de la ML ?
JB : En tant que président, j’ai également pour rôle d’appuyer la Mission Locale en dehors de ses murs, auprès d’acteurs politiques et économiques par exemple.
CCL : En tant que directrice, je gère la structure au quotidien, tandis que le président arbitre et tranche sur certaines décisions qui relèvent de sa fonction politique et stratégique. Il est aussi l’employeur de la Mission Locale.
Le binôme en action
Concrètement, comment s’organise votre travail en binôme et quels sont vos principaux temps d’échanges sur lesquels vous travaillez le plus étroitement ensemble ?
CCL : Il s’agit d’une collaboration franche et collégiale. Nous travaillons en étroite collaboration permanente, de façon non protocolaire et simplifiée. Dès qu’une problématique significative se présente, nous en discutons si le besoin s’en fait sentir.
JB : En tant que président, je me rends régulièrement au siège de la Mission Locale pour échanger et statuer sur des sujets avec la Directrice et pour les formalités administratives, comme des signatures. La Directrice se déplace également sans difficulté à mon cabinet en Mairie. Par ailleurs, il y a une antenne de la Mission Locale dans la commune que j’administre ce qui facilite d’autant plus les échanges.
Pouvez-vous partager un exemple concret qui illustre votre articulation Présidence/Direction ?
CCL : Il y a tant d’exemples qui illustrent notre binôme.Par exemple,nous avons collaboré étroitement dans le cadre de l’accompagnement à la création de notre ARML Antilles-Guyane et poursuivons cette coopération dans le cadre de son activité.
LB : L’articulation de notre binôme s’illustre aussi parfaitement dans les moments simples de rencontres et de cohésion avec les équipes de la Mission Locale, auxquels j’ai l’occasion de participer. Il peut s’agir de séminaires, de la cérémonie annuelle des vœux ou d’autres réunions du personnel. Lors de ces moments exceptionnels, nous répondons chacun à des attentes différentes des salariés.
Les clés d’une articulation réussie
Selon vous, qu’est-ce qui fait la qualité et l’efficacité d’un binôme présidence/direction de Mission Locale ?
LB : Une collaboration franche est nécessaire, de même qu’une certaine disponibilité et beaucoup d’écoute. Je suis également très sensible à la formation et à l’évolution des jeunes, ainsi qu’à la bonne gestion de la carrière des salariés.
CCL : Travailler avec un président bien ancré sur la scène politique locale est également une chance, car il est à même de porter la parole de la Mission Locale au plus près des parties prenantes, favorisant parfois le déblocage des problématiques rencontrées.
Avec le recul, quel conseil donneriez-vous à un nouveau binôme ?
Le conseil serait de rester ouvert et de travailler de façon collégiale et transparente.
Regard sur les enjeux actuels et perspectives
Dans un contexte marqué par des évolutions importantes des politiques publiques et des contraintes budgétaires, quel rôle joue votre binôme pour maintenir le cap et porter une vision commune ?
C’est la qualité et la rigueur de notre gestion administrative qui nous permettent de maintenir le cap en ces temps d’évolutions constantes et de contraintes budgétaires.
Pour conclure, quelles sont vos priorités pour les mois à venir et quelle ambition portez-vous pour votre Mission Locale et, plus largement, pour le réseau ?
L’ambition que nous portons pour notre Mission Locale est qu’elle puisse devenir une organisation de référence en matière d’innovation sociale et professionnelle pour l’accompagnement des jeunes et des entreprises avec un modèle économique adapté.
Notre priorité est également de porter avec force la voix des Missions Locales ultramarines pour réduire les inégalités structurelles et garantir à chaque jeune des opportunités équitables, malgré des contextes socio-économiques dégradés.