Publié le 22/03/2024

Pourriez-vous revenir brièvement sur votre parcours professionnel ?

Je suis en poste depuis deux ans maintenant. Avant de travailler en Mission Locale, j’étais assistante d’achat pour les EPI (équipements de protection individuelle), puis je me suis reconvertie dans l’entreprenariat en 2017 mais suite à la crise sanitaire j’ai décidé de suivre une formation de Conseiller en insertion professionnelle. Dans le cadre de ma formation, j’ai suivi mes deux stages de pratiques au sein de la Mission Locale (Val d’Oise Est) et j’ai pris mes fonctions dès avril 2022 dans cette structure en tant que conseillère CEJ.

J’aime énormément ce que je fais, surtout de me sentir utile. C’est ce qui me manquait. Honnêtement, aujourd’hui je me demande pourquoi je ne me suis pas réorientée plus tôt !

Combien de jeunes avez-vous accompagnés en 2023 ? Il y a-t-il une différence par rapport à la première année du dispositif ? 

Professionnellement parlant, je suis née avec le CEJ. Au démarrage nous n’avions pas encore l’équipe au complet, j’ai surtout eu 6 mois d’intégration et 6 mois d’animation sur l’année. En 2023, j’ai accompagné 142 jeunes, avec des périodes d’astreintes qui nous permettent d’approfondir les suivis et régler toute notre partie administrative. Le nombre d’entrées ne cesse d’augmenter et aujourd’hui nous sommes plus nombreux dans l’équipe. Par cohorte nous accueillons environ 120 à 140 jeunes par mois.

De plus en plus de jeunes poussent les portes de la Mission Locale et sollicitent le CEJ. En fait, ils en parlent autour d’eux, notamment à leur famille. C’est comme ça qu’on arrive à accompagner parfois des fratries. Le dispositif a un bon écho.

Qu’est-ce que cet accompagnement a de spécifique par rapport aux autres proposés en Mission Locale ? 

Nous avons des services spécifiques pour ce dispositif, et nous allons aussi très souvent sur le terrain.

Le CEJ est une sorte de porte d’entrée, de passerelle. A partir de là, les jeunes peuvent être accompagnés de différentes manières ; certes il y a l’emploi, mais la mobilité aussi, le permis… C’est une passerelle vers d’autres accompagnements, un levier.

Je pense que la fonction première du CEJ est de comprendre et d’assimiler les champs de l’insertion. On travaille en collectif chez nous autour de 3 dimensions qui sont la connaissance de soi, le travail des outils pour la visibilité du jeune sur le marché de l’emploi et enfin l’aide à la connaissance du territoire. Les jeunes n’ont pas forcément conscience de ces trois axes, ce n’est pas explicite, mais ce sont bien nos axes de travail, en atelier, en collectif.

On tisse du lien avec les jeunes, tout au long de leur parcours ils ont un conseiller référent qui les accompagne, qui est là pour eux. A mon sens, le CEJ leurs donne les clés, des bases solides pour qu’ils puissent avoir confiance en eux et entrer dans une démarche proactive.

La mise en place du CEJ a-t-elle modifié la façon de travailler en équipe ?

Nous avons une équipe totalement dédiée au CEJ avec un service administratif, des CIP CEJ et un responsable de secteur. Début 2023 nous avons accueilli 4 conseillers en plus. L’effectif a vraiment doublé en 2 ans. On tisse aussi du lien entre conseillers. Chacun apporte quelque chose, a son petit plus. Nous avons des réunions hebdomadaires durant lesquelles nous analysons et échangeons nos bonnes pratiques. On se guide, ça nous renforce. J’apprends tous les jours.

Diriez-vous que le CEJ favorise les sorties dites « positives » ?

Oui, dans la mesure où on leur propose un accompagnement individuel et sécurisé. Quand je dis sécurisé, c’est parce que nous sommes vraiment présents pour eux, du début à la fin. Un lien de confiance est instauré. Aujourd’hui nous sommes outillés, nous avons les compétences et les partenaires pour accompagner le jeune jusqu’au bout. A partir du moment où le jeune se retrouve dans un climat de confiance, qu’il est outillé, motivé, porté et entouré, son employabilité est favorisée. Si toutes les sorties ne sont pas « positives » au sens administratif du terme (entrée en emploi durable, retour en formation initiale…), l’ensemble de cet accompagnement renforce l’employabilité.

Le CEJ ouvre le champ des possibles.

Pour l’anecdote, sur 3 cohortes j’ai suivi une fratrie. Au début, j’ai accompagné un jeune vers le milieu aéroportuaire, c’est ce qu’il voulait. Au groupe suivant, j’ai suivi la première petite sœur qui voulait elle aussi se tourner vers ce milieu. Et au 3è groupe, la seconde petite sœur. Le bouche à oreille fonctionne !

Les jeunes marquent leur reconnaissance. Nous avons aussi des retours de parents vous savez, qui sont contents. Cela peut être des mails, des messages… Les retours sont là et c’est très positif !

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