Publié le 08/01/2026
À l’occasion de la sortie de la première édition de la revue de l’Institut Bertrand Schwartz, une table ronde s’est tenue le 12 décembre dernier dans la salle Colbert de l’Assemblée nationale. Présidée par Christine Le Nabour, vice-présidente de l’UNML et députée, cette rencontre a rassemblé chercheurs, acteurs de l’éducation et de l’insertion autour d’un thème central : Des ruptures de scolarité au retour d’équilibre.
Ce choix thématique pour la revue s’appuie sur un constat : en 2024, plus de la moitié des 400 000 jeunes nouvellement accueillis en Mission Locale sont sortis du système scolaire sans certification validée ou sortis en cours de premier cycle ou ont abandonné un CAP/BEP avant la classe de terminale. Cette proportion importante de jeunes ayant subi une rupture de scolarité nous oblige.
Animée par Louise Tourret, journaliste et productrice à France Culture, spécialiste des questions d’éducation, la table ronde a été introduite par Christine Le Nabour, Députée, Présidente de la Mission Locale Porte de Bretagne et Vice-Présidente de l’UNML et par Marc Godefroy, Président de la Mission Locale Impulsions Métropole Sud et de l’Institut Bertrand Schwartz. Les échanges se sont structurés en deux temps complémentaires.
Des ruptures de scolarité
Le premier temps, consacré aux « ruptures de scolarité », a réuni Annabelle Allouch, maîtresse de conférences en sociologie à l’université de Picardie Jules-Verne, Pierre-Yves Bernard, maître de conférences émérite à Nantes Université, et Éric Verdier, directeur de recherche émérite au CNRS et à Aix-Marseille Université. Les intervenants ont rappelé l’évolution des chiffres des jeunes sortant du système éducatif sans qualification du secondaire, estimés entre 80 000 et 90 000 par an et les ont comparés aux données européennes.
Les débats ont également mis en lumière l’individualisation croissante des parcours scolaires rendant les élèves responsables de leur réussite ou de leur échec dans un système où tous les élèves ne disposent pas des mêmes ressources. De plus, une logique de compétition génère défiance et angoisse vis-à-vis de l’institution scolaire, posant la question de la forme même du modèle éducatif.
Au retour d’équilibre
Le second temps, intitulé « au retour d’équilibre », a ouvert des perspectives d’action avec Olivier Haeri, enseignant à l’Éducation nationale et ancien délégué général de la FESPI, Amel Kouza, responsable de l’Institut Bertrand Schwartz, et Philippe Meirieu, professeur émérite à l’université Lumière-Lyon 2 et Président des Céméa. Les échanges ont porté sur la manière de traiter le décrochage scolaire au sein de l’école, de repenser l’organisation du système éducatif et de renforcer le dialogue entre l’école et le milieu associatif, notamment avec les Missions Locales.
La conclusion et la synthèse ont été assurées par Thierry Berthet, directeur de recherche au CNRS, en qualité de grand témoin.
Un moment fort, capté par les jeunes des Missions Locales Nord Essonne et Est Réunion, engagés dans le Lab’Expression des jeunes.