Publié le 28/08/2025

Afin de traiter en profondeur des enjeux et défis rencontrés par les Missions Locales et leur public, l’Institut décide en 2023 de lancer sa Revue. En 2024, plus de 50% des jeunes accueillis en Missions Locales sont des jeunes sortis du système scolaire sans certification validée ou sortis en cours de premier cycle ou ayant abandonné un CAP/BEP avant la classe de terminale. Ce constat a poussé le conseil d’administration de l’Institut à interroger le système scolaire dans le but d’y apporter un regard critique au bénéfice des jeunes.

Initié par une rencontre avec Pierre-Yves Bernard et Philippe Meirieu chercheurs en sciences de l’éducation, ce premier numéro a été construit avec une équipe de spécialistes et de jeunes dont la parole a été recueillie dans le cadre d’un appel à contribution national lancé auprès des professionnels des Missions Locales.

Editorial

En 1994, Bertrand Schwartz confiait : « Lorsque j’ai fait mon rapport en 1981, à la demande du Premier ministre, il m’a dit : “Je vous demande de ne pas parler de l’école.” »

Alors que le phénomène de décrochage scolaire était beaucoup plus massif à l’époque, les Missions Locales sont nées en 1982 avec cette occultation de la question de l’école, de l’échec à l’école et finalement du parcours scolaire de celles et ceux qu’elles accompagnent. Ce tabou, qui relevait d’un impensé des politiques publiques, a participé d’une invisibilisation du sujet et de ses conséquences sociétales. Il a également entraîné un dialogue problématique entre l’école et le domaine de l’insertion pendant de longues décennies. Le décrochage scolaire est maintenant devenu un « problème public Â» et cela correspond à un temps institutionnel où les Missions Locales sont de plus en plus sollicitées par les pouvoirs publics pour entrer dans les écoles.

Au-delà de la critique, nous avons l’ambition d’aborder l’enjeu des ruptures de scolarité, non pas en tant que problème d’une institution mais en tant que problème de société. Car, si les chiffres du décrochage scolaire diminuent, les inégalités sociales se sont plutôt aggravées. Dans ce numéro, nous remontons la chaîne, nous essayons de comprendre les processus, la mécanique. Ainsi, nous ajoutons un élément au rapport Schwartz que son auteur avait été invité à ne pas explorer. Des paroles de jeunes, recueillies en réponse à un appel à contribution national par les professionnels des Missions Locales du Bassin d’emploi Granvillais, de Charleville-Mézières, Est Var, Haute Garonne, L’Aigle Mortagne, Montpellier Méditerranée Métropole, Rhône et Argence, Sémaphore Mulhouse Sud Alsace, Toulouse et Vignoble Nantais, ponctueront notre propos. Ce qui fait de cette Revue une invitation à toutes et à tous : venez réfléchir avec nous et avec les jeunes des stratégies pour construire ensemble d’autres chemins dans l’école et après l’école.

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