« Des structures en première ligne par rapport aux jeunes » (Jean-Patrick Gille pour Le Quotidien de la formation)

  • Vendredi 11 mars 2016

« Nous voulons rappeler que les Missions Locales sont 450 structures associatives qui couvrent l’ensemble du territoire national. L’accompagnement, le suivi, l’orientation, la prescription de formation, le placement en emploi des jeunes sont au cœur de leurs missions. Elles gèrent des dispositifs d’État (Civis, emploi d’avenir, garantie jeunes) et parfois régionaux et locaux. Elles sont des structures de terrain ancrées dans leurs territoires. » En cette première journée de la Semaine nationale des Missions locales, Jean-Patrick Gille, président de l’UNML (Union nationale des Missions locales) et député d’Indre-et-Loire, contacté par Le Quotidien de la formation le 10 mars, a tenu à souligner la spécificité des Missions locales pour améliorer leur visibilité aux yeux du grand public. La première semaine va dans ce sens. Elle s’adresse donc aux jeunes, au grand public et aux décideurs locaux « dont certains sont restés sur une image très datée des Missions locales ». « Il s’agit de montrer qu’elles constituent un réseau de terrain et sont en première ligne par rapport aux jeunes ».

Article publié avec l'aimable autorisation du Quotidien de la formation

En outre, « notre initiative a reçu le soutien des ministres, celui de Myriam El Khomri, ministre du Travail, qui se rend ce 11 mars à la Mission locale des Ulis (Essonne), celui de Clotilde Valter, secrétaire d’État en charge de la Formation et de l’Apprentissage, qui sera à la Mission locale de Lisieux (Calvados) le 18 mars, et celui d’Hélène Geoffroy, secrétaire d’État chargée de la Ville, qui se rendra dans celle de Vaulx-en-Velin (Rhône) », indique Jean-Patrick Gille. De plus, Patrick Kanner, ministre de la Jeunesse et des Sports, sera présent lors des Journées nationales des Missions locales, les 7 et 8 avril prochains à Marseille, « avec pour thématique particulière : la participation des jeunes ». En effet, « une insertion réussie présuppose que les jeunes soient acteurs de leur insertion. L’idée est de construire avec eux leurs projets et à partir de là, des parcours d’insertion professionnelle », fait-il valoir. « Les jeunes n’ont pas à subir des programmes et notre revendication première est de les associer à l’élaboration des politiques publiques qui les concernent. » Pour Jean-Patrick Gille, le gouvernement a mis en place de bons dispositifs (emploi d’avenir, garantie jeunes, service civique…) « mais il ne valorise pas ces réussites ». « De plus, déplore-t-il, il n’existe pas de lieu dédié à la discussion sur tout cela. Pour nous, il faudrait créer un Conseil national de l’insertion des jeunes où les politiques les concernant seraient pensées, évaluées, suivies. » Dans ce conseil devraient siéger les différents ministères, les Missions locales en tant qu’opérateurs, d’autres structures telles que les foyers de jeunes… À ce titre, l’UNML apporte son soutien aux jeunes du réseau « Arrêtez de nous mettre dans vos cases ! ».

Par rapport aux mesures mises en œuvre par l’État en faveur des jeunes, Jean-Patrick Gille exprime son incompréhension face à la réduction des moyens pour accompagner les jeunes d’autant plus que le chômage des jeunes a baissé de 5 % : « Nous avons de bons dispositifs, les résultats sont là, et on a rogné nos crédits d’accompagnement. Ce qui a entraîné un malaise social au sein de notre réseau. » Au sujet du plan 500 000 formations supplémentaires pour les demandeurs d’emploi, et son financement par l’État à hauteur de 1 milliard d’euros, Jean-Patrick Gille précise que son réseau « est en discussion avec le gouvernement pour récupérer quelques millions d’euros sur le milliard pour améliorer le dispositif de prescription de la formation, mettre en œuvre le conseil en évolution professionnelle, être meilleur prescripteur…) ».