Les Missions Locales alertent le gouvernement sur la nécessité de mesures d’urgence pour la jeunesse et appellent la ministre du Travail à la concertation

Représentation du réseau |

Les annonces du Président de la République hier et du Premier ministre ce jour démontrent une réelle volonté de la part du gouvernement de placer la jeunesse au coeur de son dispositif de relance pour la nation. Le réseau des 436 Missions Locales s'en félicite mais insiste sur la nécessité d’aller encore plus loin : dans un contexte économique et social extrêmement dégradé où de nombreux jeunes déjà fragiles risquent de basculer dans la précarité, il est impératif de mettre en place des mesures d'aides d’urgence pour s’assurer qu’aucun jeune ne soit laissé sur le bord de la route.

Depuis le début de la crise, les Missions Locales sont plus que jamais engagées aux côtés des jeunes partout sur le territoire, pour les accompagner et les conseiller, face à un risque accru de précarisation.

Aux premières loges des conséquences de la crise économique et sociale sur les 16-25 ans, les Missions Locales saluent les différentes mesures annoncées par le gouvernement pour sécuriser le parcours des jeunes, notamment la mise en place de 300 000 contrats d’insertion, la création de 100 000 places supplémentaires pour le service civique et l’ouverture de 200 000 places dans des formations supérieures qualifiantes. Elles notent avec satisfaction que le Premier Ministre s'oriente plutôt vers une prime à l'embauche des jeunes plutôt qu'une exonération totale des cotisations.

Un appel au dialogue avec la ministre du travail

Si ces mesures offrent indéniablement des pistes de solutions pour la jeunesse, les Missions Locales alertent le gouvernement sur la nécessité de mettre en place au plus vite un dispositif d'aides d’urgence directes pour éviter que des jeunes ne basculent dans la grande précarité.

Dès la rentrée, 700 000 jeunes de moins de 25 ans arriveront sur le marché de l’emploi, parmi eux, des jeunes qualifiés mais également des décrocheurs et des personnes fragilisées et précarisées par la crise.

« L’enjeu actuel n’est pas uniquement de trouver des solutions pour l’insertion professionnelle des jeunes, mais également de leur venir en aide pour leur assurer un avenir décent en œuvrant à leur insertion sociale au sens large. Mais pour cela nous avons besoin de moyens, il faut aller encore plus loin. Aujourd’hui nous appelons Elisabeth Borne, ministre du Travail, à une concertation avec l’UNML et le réseau des Missions Locales » commente Jean-Patrick Gille, Président de l’Union nationale des Missions Locales (UNML).

Parmi les propositions du plan d’urgence pour anticiper la rentrée, les Missions Locales militent pour que l’obligation de formation des jeunes de 16 à 18 ans soit érigée comme une priorité nationale.

Pour lutter contre le décrochage, l'UNML demande que le budget alloué soit effectivement versé rapidement aux structures et qu'il soit doublé (au regard du volume de jeunes concerné suite au confinement, passant de 20 à 40 M€).

Le réseau souligne également la nécessité d’amplifier l'engagement des jeunes dans un parcours d’accompagnement adapté et attend des précisions sur les nouveaux contrats d'insertion envisagés.

Redonner la parole aux jeunes

Jean-Patrick Gille propose « que soit prise en compte la parole des premiers concernés, les jeunes eux-mêmes, afin que les solutions que nous leur proposons soient en phase avec leur réalité, et apportent des réponses pérennes à leurs besoins. Nous avons dévoilé en juin dernier les résultats d’une Enquête Flash menée auprès de 24 000 jeunes que nous accompagnons partout en France pour comprendre leurs difficultés, leurs doutes et leurs attentes. C’est à la lumière de ces données que nous avons construit une série de propositions que l’UNML a porté auprès du gouvernement. »

Cette enquête Flash, réalisée avec France Stratégie et le Cereq, montre que l’emploi est une question essentielle pour les jeunes : ils étaient 77% à placer l’emploi en tête de leurs priorités pour l’avenir.

L'UNML se félicite d'avoir été en partie entendue, fait part de sa disponibilité pour participer à la concertation et affiner les mesures envisagées, et garantit la mobilisation du réseau des Missions Locales pour mettre dès maintenant en œuvre le plan d'urgence.