Pour changer l’image des métiers du grand âge, Myriam El Khomri propose de mobiliser les Missions Locales

Représentation du réseau |

Myriam El Khomri a remis à la ministre des Solidarités et de la Santé son rapport sur l’attractivité des métiers du grand âge, mardi 29 octobre 2019. Les travaux ont abouti à une cinquantaine de recommandations, qui concernent à la fois les conditions d’emploi, la rémunération ou les organisations. Une proposition concerne spécifiquement le service public de l’emploi (Missions Locales et Pôle emploi). L’ancienne ministre du Travail propose, en effet, de doter les conseillers de l’orientation, de l’insertion et de l’emploi d’une "connaissance précise de ces métiers et des compétences requises". Pour nourrir cette étude, l'UNML avait lancé courant septembre une enquête vers le réseau des Missions Locales. Un article AEF.

Le rapport El Khomri reconnait le rôle essentiel des Missions Locales dans l’orientation des jeunes vers ces métiers "en tension", et propose de renforcer ce rôle d’aide à l’orientation, à travers un plan de formation pour les conseillers, même si la question du financement de ce plan reste entière. Au-delà de l’orientation, l’UNML rappelle que des efforts doivent être faits en parallèle pour favoriser les progressions de carrière et améliorer les conditions de travail dans le secteur, si l’on veut rendre ces métiers plus attractifs - lire les résultats de l’enquête auprès des adhérents. Le rapport formule également des propositions dans ce sens.

Un article d'Alexandra Turpin, diffusé avec l'aimable autorisation d'AEF.

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Myriam El Khomri, dans son rapport sur l’attractivité des métiers du grand âge, recommande de "doter les conseillers de l’orientation, de l’insertion et de l’emploi d’une connaissance précise de ces métiers et des compétences requises". Pour orienter avec succès des personnes vers ces métiers, des prérequis "sont indispensables", estime l’ancienne ministre du Travail.

Le premier est d’évaluer les capacités relationnelles et l’aptitude à l’empathie du candidat, "indispensable pour exercer ces métiers". Le second est d’avoir une "connaissance précise et concrète de ces métiers", et de mettre l’accent "sur le sens et l’utilité sociale majeure". Or, elle fait état de témoignages nombreux d’une "méconnaissance fréquente de ces prérequis de la part des acteurs de l’orientation, de l’insertion et de l’emploi, qui débouchent sur l’absence de suite donnée à̀ la proposition d’orientation, à l’initiative du candidat ou de l’employeur, ou à l’abandon rapide du parcours initié".

Outiller les conseillers

L’enjeu est donc de "doter les conseillers de ces réseaux d’une meilleure connaissance et compréhension de ces métiers ". Il est proposé dans le rapport que l'UNML et Pôle emploi "engagent dès 2020 un plan d’action en vue de mieux former les conseillers de leurs réseaux respectifs aux métiers du grand âge et d’élaborer des outils d’identification des compétences relationnelles plus spécifiques au secteur d’activité, en lien avec les acteurs du secteur", précise le rapport. Les plateformes métiers des départements, également prévues dans ce rapport, apporteront un "soutien opérationnel" à la mise en place des actions (mise à disposition de supports d’information papier ou numériques, actions collectives d’information, organisation d’ateliers, etc.).

Dans son rapport, l’ancienne ministre du Travail insiste aussi sur l’importance de "renforcer les dispositifs de repérage et d’accompagnement des candidats". Les dispositifs existants doivent être "renforcés" et de nouveaux "créés". Cet "effort" s’appuiera notamment sur "les outils de l’emploi en direction des jeunes" (Epide, écoles de la 2e chance, Missions Locales…).

Appui au recrutement

L’UNML "se tient disponible pour signer, avec l’ensemble des acteurs du secteur, des conventions", note le document. L’ambition serait de déployer un appui au recrutement de candidats jeunes ainsi qu’une aide au maintien des jeunes dans l’emploi à travers des périodes de mise en situation en milieu professionnel. La meilleure connaissance des conditions de l’emploi réduit toujours les risques d’interruption des parcours. "À ce jour, les Missions Locales ont proposé un emploi dans le secteur du grand âge à près de 15 000 jeunes, dont 11 000 ont accédé à l’emploi", indique le document.

L’élargissement des viviers de recrutement passe aussi par "l’amplification d’opérations de sensibilisation". Myriam El Khomri cite ainsi l’opération "Viens voir mon métier" de Pôle emploi. "Une convention pourrait être signée entre toutes les fédérations et Pôle emploi afin d’organiser une fois par mois dans chaque agence Pôle emploi, une opération" de ce type, ciblée sur les métiers du grand âge, préconise Myriam El Khomri.

Orienter les chômeurs en reconversion

Au-delà de cette action, une convention de l’ensemble des secteurs et fédérations avec Pôle emploi pourrait voir le jour "afin de faire du secteur de l’autonomie une filière stratégique et définir ainsi les conditions d’accompagnement à déployer pour des personnes en contrat de sécurisation professionnelle, ou des demandeurs d’emploi". Par exemple, un "travail spécifique" pourrait être mené entre la fédération du commerce et de la distribution, dont certains salariés sont touchés par des licenciements économiques, et les fédérations du secteur du grand âge et de l’autonomie, afin d’orienter les personnes qui souhaiteraient entamer une reconversion dans des métiers de l’accompagnement sanitaire et social.

Les aides à la mobilité et l’amélioration des conditions de travail et de rémunération ainsi que la mobilisation des branches professionnelles sont des "leviers nécessaires" pour amplifier la démarche.