L'UNML réagit à l'instruction sur la stratégie pluriannuelle de performance des Missions Locales 2019-2022

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L’UNML a eu connaissance de l’instruction sur la stratégie pluriannuelle de performance des Missions locales pour la période 2019-2022 proposée par l’Etat. Financement, pilotage de la stratégie régionale, accompagnement des parcours, structuration du réseau, indicateurs de performance : l'UNML a fait part de ses remarques à la DGEFP, dont voici le résumé.

Le financement des Missions Locales

L’UNML regrette que cette instruction ne traite pas de la question du financement des Missions Locales, au moment où celles-ci se retrouvent confrontées à des difficultés financières accrues, suite à la modification inopinée des règles de paiement de la Garantie jeunes.

Le non versement de la totalité des crédits prévus en 2018, va remettre en cause la réalisation même des objectifs qui sont annoncés. Pour que cette instruction puisse être mise en œuvre, il est donc essentiel que les Missions Locales retrouvent ces financements à leur hauteur, avec un abondement des crédits de 2019 à hauteur de 160 millions d’euros pour l’accompagnement des jeunes en Garantie jeunes.

Dans ce contexte de difficultés financières, l’UNML demande qu’une concertation soit très rapidement établie entre l’UNML, la DGEFP et la délégation interministérielle à la lutte contre la pauvreté afin de régler rapidement cette situation.

Le pilotage de la stratégie régionale

Tout en soulignant la volonté de concertation de l’Etat avec les Régions, l’UNML estime que celles-ci ne peuvent pas être considérées comme de simples commanditaires. Elles doivent être reconnues à part entière, dans leurs compétences institutionnelles en matière de politiques d’orientation, de formation, d’emploi et de jeunesse, pour la définition concertée des orientations stratégiques régionales.

Le pilotage national et régional de cette stratégie doit prendre en compte non seulement l’accès des jeunes à l’emploi mais aussi tous les freins à leur autonomie et il doit dépasser le cercle des acteurs du SPE et des dispositifs de la 2e chance.

En effet, l’approche globale des besoins et des attentes des jeunes apparaît en filigrane dans la stratégie mais elle doit se traduire dans les modalités de pilotage et de soutien aux Missions Locales afin d’assurer la mobilisation de l’ensemble des partenaires et des moyens nécessaires.

L'accompagnement des parcours

Pour répondre à l’enjeu de fluidification des parcours notamment avec les dispositifs 2e chance, la coordination régionale et locale est nécessaire et le rôle d’ensemblier des Missions Locales doit être renforcé. Toutefois, la réussite de la fluidification des parcours est conditionnée par les modifications des règles de financement et de pilotage définies nationalement et qui constituent actuellement un frein à l’articulation entre Mission Locale/ Garantie jeunes et Dispositifs 2e chance. Cette évolution des règles relève de décisions nationales pour mobiliser ces dispositifs comme de véritables étapes des parcours des jeunes.

La structuration du réseau

L’évolution de la structuration du réseau des Missions Locales ne peut pas être mise au même niveau que le rapprochement avec Pôle emploi. La définition du partenariat renforcé entre les Missions Locales et Pôle emploi doit être négociée d’abord au plan national lors de la négociation du nouvel accord cadre, en reconnaissant la spécificité et la complémentarité des offres de service respectives, ainsi que leur articulation territoriale.

A ce titre, l’UNML rappelle ses propositions d’évolution structurelle de l’organisation du Service public de l’emploi, en reconnaissant aux Missions Locales la responsabilité pleine et entière de l’accompagnement de tous les jeunes âgés de 16 à 25 ans voire jusqu’à 29 ans.

Les indicateurs de performance

Enfin, l’UNML a proposé que les objectifs de performance soient négociés par territoire pour bien prendre en compte les spécificités et les moyens attribués. Ils doivent être révisés en continu, les situations évoluant en continu. L'annonce d'une diminution des moyens à une Mission Locale qui n’atteint pas les objectifs alors que cela résulte déjà d’une insuffisance ou inadaptation des moyens alloués, constitue une spirale d’accentuation de l’échec et non pas d’amélioration de la performance. L’UNML a souligné que le non versement des crédits pour l’accompagnement des jeunes en Garantie jeunes en 2019 à la hauteur prévue va accentuer le risque d’échec dés le début du processus initié.

L'UNML regrette le fait que le cadre commun de référence de l'offre de service des Missions Locales ne soit nullement mentionné. Enfin, elle souligne le paradoxe entre les moyens alloués et les exigences croissantes de l'Etat, alors même qu’aucune notification et aucun versement n’a été fait tant pour le solde de l’année 2018 et que pour les avances 2019, et que les moyens annoncés sont à la baisse.