«Les CJE accueillent un public plus large et hétérogène que celui des Missions Locales» (Voyage d'études au Québec)

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A l’automne dernier était organisé, dans le cadre du partenariat UNML-OFQJ-RCJEQ (réseau des carrefours jeunesse emploi du Québec), un voyage d’études au Québec d’un collectif de Missions Locales. Parmi elles, la Mission Locale de Langres avec Clément Chaffaut, conseiller. L’occasion de revenir sur les point communs et les différences entre le travail d’accompagnement des jeunes en France et au Québec.

Avez-vous identifié des points communs entre les accompagnements des jeunes dans les deux pays ?

Clément Chaffaut : de mon point de vue, nos deux pays ont la même volonté de prendre en charge de manière globale l’accompagnement des jeunes. Les conseillers et conseillères s’investissent dans leur métier pour accompagner les jeunes et les soutenir dans leur demande et leur volonté d’insertion sociale et professionnelle.
Comme dans une Mission Locale, le jeune qui arrive pour la première fois dans un carrefour jeunesse emploi se présente à l’accueil pour un premier rendez-vous, qui se passe immédiatement. Le jeune peut obtenir des réponses à ses premières questions puis poursuivre ou pas par un accompagnement plus poussé. Il y a aussi des outils ou des dispositifs d’accompagnement qui se ressemblent beaucoup dans les deux pays. Il y a au Québec un dispositif quasiment similaire à la Garantie jeunes, avec la mise en place de stages pendant une durée bien précise, alliant l’accès à l’emploi et l’accès au service social.

Les profils de jeunes accueillis sont-ils similaires dans les deux pays ?

Le marché de l’emploi au Québec est plus favorable aux jeunes que chez nous : il y a environ deux fois plus de chômage chez les jeunes en France. Je pense que les CJE accueillent un public plus large et hétérogène que celui des Missions Locales. Leurs besoins relèvent beaucoup de l’orientation en général. Les Missions Locales travaillent aussi bien sûr cette question mais il y a également un travail conséquent sur l’accès à l’emploi.

Avez-vous échangé avec vos collègues québécois sur vos métiers ?

Oui, nous avons visité 2 CJE, et nous avons pu rencontrer plusieurs conseillers. Je trouve que le conseiller en France est plutôt guidé par une vision relevant de la prescription alors que le conseiller québécois a davantage une fonction d’animateur, qui fait partie de son cœur de métier : en plus de l’accompagnement individuel, il va aussi participer à la création de projets qu’il va monter avec sa structure (mise en place de projets sur le territoire, participation à différentes actions…) Les CJE sont plutôt financés pour des projets qu’ils organisent plutôt que pour des dispositifs d’accompagnement généraux, organisés au niveau de l’Etat.