Le déploiement de la Stratégie pauvreté dans les territoires : point d’étape

Représentation du réseau |

Les 12 et 13 septembre derniers, la Délégation interministérielle à la prévention et à la lutte contre la pauvreté des enfants et des jeunes organisait la 1ère conférence nationale des acteurs engagés dans Stratégie de prévention et de lutte contre la pauvreté, à Aubervilliers (93). Le déploiement en région de cette stratégie s’appuie sur des animateurs, identifiés dans chaque région, dont le rôle consiste à animer la mise en œuvre de la stratégie pour chacune des thématiques identifiées (15 au total), en mode coopératif, en organisant la mobilisation de tous avec l’appui des services de l'État. Ces groupes de travail permettront de préparer la feuille de route régionale, d’ici décembre 2019. Zoom sur l’animation du groupe de travail de Nouvelle Aquitaine avant de présenter celles des autres territoires dans un prochain numéro de l’Info hebdo.

Le réseau des Missions Locales a été retenu pour animer la thématique 8 de la stratégie consacrée à l’Obligation de la formation et au déploiement du PACEA (PAEJ). Les ARML et les Missions Locales investies dans ce chantier ont partagé leur expérience à l’occasion d’un atelier organisé le 12 septembre. La Délégation avait invité l’ARML Nouvelle Aquitaine à témoigner de l’organisation et des avancées du groupe de travail régional.

Zoom sur la méthodologie mise en œuvre en Nouvelle Aquitaine et synthèse des premiers enseignements issus de ce retour d’expérience

Les méthodologies et axes de travail d’autres territoires seront présentées dans un prochain numéro de l’Info hebdo.

L’un des principes fort de la stratégie pauvreté est de mettre la personne concernée au centre : le réseau des Missions Locales de Nouvelle Aquitaine a appliqué ce principe dès la phase amont de préparation de la feuille de route, en organisant des groupes de travail associant les jeunes, en s’appuyant notamment sur les jeunes volontaires en mission de Service Civique. Vincent Perron, directeur de la Mission Locale de Royan et co-animateur de la démarche au nom de l’ARML, a rappelé les quelques partis-pris adoptés au départ par les trois animateurs : éviter de perdre du temps à refaire un nouveau diagnostic du territoire (considérant que chacun est détenteur du diagnostic), être cohérent entre la méthode d’animation et les projets que l’on souhaite mettre en place et consacrer une part importante des groupes de travail à la convivialité (repas partagés). Les méthodes d’animation créatives ont permis de faire émerger de nombreuses propositions ou bonnes pratiques qui pourront ensuite s’inscrire dans la feuille de route obligation de formation et déploiement du PACEA :

  • valoriser le droit à l’erreur et prendre en considération les parcours non linéaires des jeunes entre structures et dans l’emploi,
  • organiser une délégation de suivi entre Missions Locales et l’Education nationale et contourner les freins liés au statut du jeune,
  • changer l’image «insertion» des Missions Locales, y compris pour les jeunes confrontés à plus en difficulté, en ouvrant plus largement la Mission Locale aux jeunes plus autonomes et en adoptant des modalités d’accueil moins institutionnelles,
  • travailler avec les entreprises pour les préparer à accueillir spécifiquement les jeunes de 16 à 18 ans, qui sont dans une étape d’exploration et d’apprentissage plutôt que de «productivité», et éviter ainsi les échecs lors des stages ou apprentissages,
  • organiser un rassemblement physique, de type festival, pour mieux repérer les jeunes et les recontacter ensuite via une application.

Une coordination Missions Locales / Education nationale encore à mener sur la question de l'obligation de formation

Reste que de nombreuses questions sont encore en suspens et méritent d’être approfondies dans le cadre de ce travail collaboratif, notamment la participation des représentants de l’Education nationale à ces travaux (sachant que les représentants du Rectorat sont chargés d’animer une autre thématique).

Les représentants d’ARML et de Missions Locales présents lors de l’atelier jeudi 12 septembre ont souligné la nécessité d’un renforcement du dialogue avec l’Education nationale comme une condition préalable pour pouvoir parler d’obligation de formation. Des bonnes pratiques existent, en Ile-de-France par exemple, des conseillers d’une Mission Locale interviennent en classe de 3ème avant le départ en stage, pour engager les réflexions autour du projet professionnel. En région Centre Val-de-Loire, la Mission Locale de Blaisois intervient également dans les collèges aux côtés de l’Education nationale et du CIO pour prévenir le décrochage et aider les jeunes dans leur orientation post 3ème. Il est donc essentiel de les diffuser plus largement. La Délégation interministérielle a bien prévu d’avancer avec le ministère de l’Education nationale et de venir en appui au réseau des Missions Locales sur ce sujet.

Par ailleurs, des rapprochements avec les autres groupes sont en cours, notamment le groupe portant sur l’engagement des entreprises, et celui sur l’accompagnement des familles sur les questions d’hébergement et de logement, et les sortants de l’Aide Sociale à l’Enfance.

Le réseau des Missions Locales était représenté dans l’espace Exposition de l’événement au travers de stands tenus par les Missions Locales du Blaisois, de Paris et de Strasbourg qui ont toutes les trois présenté leur projet territorial d’accueil et d'accompagnement des jeunes de 16 à 18 ans. Rendez-vous prochainement avec des interviews à paraitre prochainement dans l'Info Hebdo.

La méthodologie et pistes d'action en images (ARML Nouvelle Aquitaine)
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