Les Missions Locales au coeur de la stratégie de la prévention de la pauvreté des jeunes

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Le Président de la République a présenté au Musée de l’Homme, jeudi 13 septembre 2018, la stratégie pour « Investir dans la prévention et l’accompagnement pour relever le défi de la pauvreté ». Parmi les dispositions annoncées, l’extension de la Garantie jeunes, l’instauration d’une obligation de formation pour les jeunes âgés de moins de 18 ans, et la mobilisation forte du plan d’investissement dans les compétences pour rendre effectif l’accès à la formation de tous les jeunes, notamment les plus exclus. L'UNML livre ici son analyse

Ce qui est prévu

L’instauration d’une obligation de formation pour tous les jeunes jusqu’à 18 ans sera mise en place en 2020. Cette obligation s'imposera à la fois aux jeunes et aux pouvoirs publics grâce notamment aux Missions Locales, qui auront l’obligation de proposer un accompagnement à tout jeune mineur en situation de décrochage durable (soit environ 20 000 jeunes décrocheurs non accompagnés chaque année).

Deux fois par an, les établissements scolaires repèreront les jeunes déscolarisés avec les plateformes de soutien aux décrocheurs et les Missions Locales. Celles-ci seront amenées à rencontrer les jeunes concernés et à leur proposer une solution de scolarisation ou de formation, voire un parcours d’accompagnement vers l’emploi. Pour les jeunes les plus vulnérables, ce sont plus de 100 000 places en Garantie jeunes qui seront mobilisées chaque année (mais nous en sommes déjà à près de 90000), pour accompagner les jeunes en situation de précarité de manière intensive et collective. La stratégie pauvreté mobilisera en complément des moyens nouveaux pour des solutions d'accompagnement vers l'emploi et l'autonomie des jeunes.

En complément de cette extension de la Garantie jeunes (500 000 bénéficiaires entre 2018 et 2022), plus de 100 M€ seront consacrés à des solutions de repérage et d’accompagnement vers l’emploi de tous les jeunes. Des expérimentations sont annoncées dans le cadre du plan d'investissement dans les compétences (PIC) pour diversifier les opérateurs et les modalités d’utilisation de la Garantie jeunes.

Parmi les autres dispositions annoncées par le Président de la République, la création d’un Revenu universel d’activité et l’organisation d’un Service public d’insertion.

L’analyse de l’UNML

L’UNML qui a participé aux travaux animés par Olivier Noblecourt et Antoine Dulin (cf. contribution de l’UNML) se félicite de la prise en compte de la pauvreté et de l’exclusion des jeunes dans la stratégie gouvernementale, avec l’extension de la Garantie jeunes et le développement des actions favorisant leur accès à la formation, à l’apprentissage et à l’emploi.

L’UNML est plus que réservée sur l’ouverture de la Garantie jeunes à d’autres opérateurs.

Elle considère que les Missions Locales doivent rester le Service public de l’accompagnement des jeunes, qui mobilise les différents partenaires pour apporter les réponses adaptées à leurs attentes et à leurs projets en matière d’emploi, de formation, de logement, de santé, de mobilité, de citoyenneté.

L’UNML fera des propositions pour que l’accompagnement des professionnels des Missions Locales, continue à s’appuyer sur le pouvoir d’agir des jeunes et sur leur libre choix, en cohérence avec le « choc de participation » voulu par le Président de la République. Mais aussi pour que les Missions Locales soient reconnues comme le service public de l’insertion des jeunes, plateformes territoriales de l’organisation des réponses aux attentes des jeunes, en développant notamment les coopérations avec le Pôle emploi, les services de l’ASE et les associations de lutte contre l’exclusion.