«Pour les Missions Locales, le Conseil en évolution professionnelle n’est pas un métier mais une offre de services» (Centre Inffo)

Représentation du réseau |

La commission des parcours professionnels du Cnefop a auditionné les représentants des cinq opérateurs nationaux du Conseil en évolution professionnelle (CEP) - dont l'UNML - afin d’identifier les enjeux de la professionnalisation des conseillers sur ce sujet, en partant des pratiques actuelles de chaque réseau en matière de formation, métier, classification et organisation du travail.

Article de Philippe Grandin diffusé avec l'aimable autorisation de Centre Inffo

Le 30 août dernier, la commission des parcours professionnels du Cnefop recevait, dans le cadre d’une rencontre bilatérale, les représentants de l’UNML accompagnés de la présidence de la CPNEF (commission paritaire nationale Emploi Formation) de la branche professionnelle des Missions Locales. Reçus par Isabelle Nebot-Houssaye, conseillère technique en charge des parcours professionnels, au nom de la commission, la délégation a échangé au sujet de l’opportunité de certifier ou non les conseillers en CEP. « Nous avons souligné, a précisé Serge Kroichvili, délégué général de l’UNML, au Quotidien de la formation, le 14 septembre., la dimension du travail de professionnalisation des conseillers, notamment avec les actions de formation des conseillers à la mise en œuvre du CEP (financées par la branche professionnelle) et notre participation à la communauté de métier portée par l’Université ouverte des compétences (UODC), Centre Inffo et les Carif-Oref ». Lire aussi à ce sujet : COMCEP : rejoindre la communauté de métier sur le CEP

Au préalable, l’UNML avait procédé à l’analyse comparée de son référentiel de métiers avec les activités attendus dans le cadre du CEP au regard de sa convention collective, déclinée en compétences (actes métiers), en emplois repères et domaines d’activités. Résultat, « le niveau I du CEP correspond déjà à une partie intégrante des formations des conseillers des Missions Locales, idem pour le niveau II, et concernant le niveau III, faisait défaut dans notre convention collective, l’ingénierie pédagogique et financière », précise-t-il. Cependant, fait valoir Serge Kroichvili, « nous nous appuyons sur nos 4 années d’expérience de déploiement des emplois d’avenir au plan national (analyse des besoins des jeunes, des employeurs, définitions des actions de formation, recherche des formations et des financements, mise en œuvre du plan de formation avec les entreprises…), ce qui signifie que nous avons déjà au sein de notre réseau toutes ces compétences qui restent à formaliser et à intégrer dans notre convention collective ».

Deuxième point évoqué par l’UNML : « Le CEP n’est pas un métier en soi mais une offre de services qui s’appuie sur des pluri-compétences voire sur des pluridisciplinarités ». L’offre de services est à la fois interne à la Mission Locale et elle peut être externe en mobilisant d’autres partenaires (Opca par exemple) qui vont pouvoir, avec celle-ci, apporter des réponses aux bénéficiaires. De ce point de vue, « rien n’empêche qu’on puisse avoir des formations complémentaires et transversales à différents opérateurs, sans que cela aboutisse à un diplôme », expose Serge Kroichvili. « Un diplôme n’est pas un outil de validation de compétences maîtrisées et exercées. D’ailleurs, avec les Fongecif, on est d’accord pour dire que plutôt que de certifier un métier, il faudrait mieux certifier un service rendu sur trois niveaux (les compétences du conseiller qui assure le CEP, l’animation de l’équipe qui dans le service va mettre en œuvre le CEP, et l’organisation globale dont fait partie la gestion de la compétence partenariale) ». Pour l’UNML, la démarche de certification ne doit pas conditionner un métier qui met en œuvre le CEP mais bien une offre de services à maintenir.