Santiago Serrano, président de l'Arml Idf : "On revient dans le champ de vision des acteurs "

Représentation du réseau |

L’Arml Ile-de-France bénéficie depuis janvier 2014 d’une nouvelle gouvernance. Santiago Serrano, nouveau président, livre à l’UNML le détail de sa feuille de route 2014-2015, sa vision du rôle de président et les modalités de partenariats entre l’Arml et Défi Métiers.

Quelle analyse faites-vous du réseau francilien des Missions Locales ?

Ce réseau jusqu’à maintenant n’était pas très structuré, il ne prenait pas beaucoup de place dans l'animation régionale. Ce manque de positionnement a laissé des « creux », compensés par le Carif Défi métiers. Nous sommes dans une nouvelle configuration, une nouvelle gouvernance. Aujourd’hui, l’Arml a un conseil d’administration, un nouveau bureau, plus de 50 adhérents et a recruté la nouvelle déléguée régionale du réseau, Anne Becquet.

Quelles sont vos orientations politiques et vos actions prioritaires pour les années 2014 et 2015 ?

On est en ordre de marche avec une feuille de route claire : recouvrer les moyens financiers de l’animation régionale ; peser sur les clés de répartition ; redevenir un acteur important porteur de la parole des Missions Locales et de leurs besoins ; être un contributeur de la future CPO ; mieux travailler avec les grands comptes, affiner l'offre de formation en direction des conseillers.

Puisque nous allons être le « réceptacle » des besoins des Missions Locales, nous allons les analyser. Nous allons être maitre d’ouvrage sur les formations, Défi métiers restant le maitre d’œuvre. La question sociale évolue, il y a des nouveaux dispositifs comme la Garantie Jeunes. Il faut prendre contact avec de nouveaux publics, dans des accompagnements renforcés. Il faut qu’on puisse mesurer les besoins en matière de pratiques professionnelles. Il s’agit de travailler avec Défi Métiers, outil technique au service du réseau. Nous allons redevenir le gestionnaire de l’entrepôt régional, de l’infrastructure I-Milo, c’est-à-dire de toute l’infogérance ce qui correspond aux prérogatives d'une Arml.

L’Arml va porter des questions régionales auprès les interlocuteurs régionaux que sont le Conseil régional d’Ile-de-France et la Direccte régionale.

L’autre grand chantier de cette feuille de route est la relation grands comptes. On s’aperçoit que chacun travaille de son côté dans la relation entreprises. Cela ne garantit pas l’efficacité surtout quand un grand compte est en contact avec un grand nombre de Missions Locales de tailles différentes. « On signe de la convention », on se rencontre, mais au final, ce ne sont que quelques gouttes qui retombent : la relation aux grands comptes se limite souvent à de l’événementiel, et cela ne se traduit pas forcément par des résultats concrets. Les Missions Locales aimeraient avoir des profils de postes en amont et pouvoir travailler avec des jeunes sur ces postes. C’est là-dessus qu’il faut s’améliorer. On a vu récemment un grand opérateur francilien qui a demandé à l’Arml d’être un « porteur d’eau » qui allait positionner 25 personnes sur un même poste. On leur a expliqué qu’on n’était pas Pôle Emploi, on est dans une autre logique.

En résumé, l’Arml doit être à l’écoute des Missions Locales, c’est comme cela qu’elle sera crédible. Hier une dizaine de Missions Locales adhérentes, aujourd’hui plus de 50. L’objectif est d’aller au bout, d’aller chercher les 76.

La tête de réseau est donc en train de se redresser, connait une dynamique positive. On travaille avec Défi Métiers petit à petit sur le transfert des compétences vers l’Arml. Nous sommes représentés au comité de pilotage national de la Garantie jeunes à travers 12 communes de Seine-Saint-Denis, territoires d’expérimentation de la Garantie jeunes. On redevient visible dans le champ de vision des acteurs.

Comment concevez-vous votre rôle de président du réseau ?

Le président, c’est le porte-parole des Missions Locales. Je dois être à l’écoute, comprendre en analysant les besoins des Missions Locales. Et être président de Mission Locale, c’est connaitre la réalité de terrain (Santiago Serrano est président de la Mission Locale intercommunale : Drancy, Bobigny, Blanc-Mesnil en Seine-Saint-Denis, note Unml). Les difficultés sociales des jeunes, on connait.

Dans un mandat de président, je dois aller voir un maximum de Missions Locales, proposer des temps d’échange important pour être à leur écoute. Je pense qu’une Mission Locale d’une zone urbaine dense n’est pas la même qu’une mission locale d’une zone péri-urbaine ou d’une zone rurale. Il y a aussi des Missions Locales de tailles très différentes. Il y a des Missions Locales de taille importante qui ont sans doute moins de besoins en terme de ressources, de compétences et d’infogérance. D’autres qu’il faudra aider un peu plus.

Surtout le président doit entendre les problèmes régionaux, il s’agit aussi de laisser exister des associations locales ou départementales, qui sont légitimes. Je leur fais d’ailleurs totalement confiance pour porter les questions de niveau départemental face à leurs interlocuteurs que sont les direcctes départementales et les conseils généraux, qui, je le rappelle, sont chefs de file de l’insertion depuis l’acte 3 de la décentralisation.

Comment va s’organiser le partenariat entre l’Arml et Défi Métiers ?

Les modalités de partenariat sont en cours. Nous nous sommes déjà rencontrés à trois reprises, on va continuer. On s’est donné des échéances. Contenus, ligne de partage entre nos activités et calendrier ont été validés par la Direccte et le Conseil général. Nous avons fixé les échéances de planning : nous devons être opérationnels en 2015, 2014 étant une année de transition.

Nous entrons maintenant dans la phase plus opérationnelle, dans les détails techniques de la mise en place. On est dans une alliance avec Défi-métiers – tous les Carifs Oref sont des alliés indispensables aux Missions Locales. Il s’agit de l’affirmer. Nous travaillons en bonne intelligence ensemble et j’ai déjà eu l’occasion de saluer le travail de Catherine Nacer, directrice de Défi Métiers, des salariés ainsi que l'aide apportée par sa présidente Hella Kribi-Romdane.

Nous sommes collectivement reconnaissant à Défi métiers d’avoir tenu ce rôle d’animateur dans maints domaines laissés en friche au niveau régional. Ils ont continué à assurer un service qui était nécessaire. Ce n'est pas simple quand on a porté un outil, un projet, et que l’on nous dit : cela s’arrête, c’est transféré ailleurs. Il faut prendre le temps de la discussion et de l’échange en reconnaissant le travail nécessaire effectué par Défi Métiers. C’est très important.