Les Emplois d’avenir et les contrats d’apprentissage sont complémentaires

Représentation du réseau |

Au moment où le gouvernement organise une rencontre nationale pour examiner les conditions de développement de l’apprentissage, l’Institut Bertrand Schwartz, soutenu par l'UNML, propose une analyse sur la complémentarité des Emplois d’avenir avec ce dispositif de formation par l’alternance. En effet, cette analyse démontre que cette concurrence présumée n’existe pas. L’Institut Bertrand Schwartz propose un dossier complet pour présenter tant l’enquête qu’il a réalisée sur les emplois d’avenir vus par les acteurs qui les font que les actions menées par les Missions Locales pour développer l’apprentissage dans leurs territoires avec les entreprises.

Lire également l'article Eléments d’analyse sur la complémentarité Emplois d'avenir - Apprentissage

Le programme des emplois d’avenir, lancé depuis prés de 2 ans connait un véritable succès, avec prés de 140 000 jeunes de bas niveau de qualification qui ont pu entrer dans l’emploi, grâce à l’engagement des Missions Locales.

Dans le cadre de l’étude réalisée en 2014 par l’Institut Bertrand Schwartz, les acteurs interrogés, notamment les employeurs, font eux-mêmes la distinction entre les objectifs des Emplois d’avenir et ceux de l’apprentissage qui sont très différents.

Les jeunes recrutés par les entreprises dans la cadre des Emplois d’avenir ne présentent pas les mêmes profils que les jeunes apprentis. Les emplois d’avenir sont réservés à une population très peu voire pas qualifiée, alors que l’apprentissage se développe chez les jeunes plus diplômés. À l’inverse, 80% des jeunes en emploi d’avenir n’ont pas le bac, et ils demeurent très nombreux à ne pas avoir de diplôme du tout (42%).

Le contrat d’apprentissage a pour objectif l’acquisition d’une qualification professionnelle reconnue du CAP au diplôme d’ingénieur. La majorité des jeunes ayant signé un emploi d’avenir sont positionnés sur un parcours de formation visant l’acquisition de nouvelles compétences et l’adaptation au poste de travail (60%). Dans 26,4% des cas, l’engagement de formation des employeurs au moment de la signature du contrat concerne un parcours de formation qualifiante.

Les jeunes en emplois d’avenir sont également plus âgés (22 ans en moyenne) que la grande majorité des jeunes qui signent un contrat d’apprentissage avant leur 19ème anniversaire.

Les entreprises qui ont massivement signé les emplois d’avenir ne sont pas de même nature et l’apprentissage est peu développé dans leurs secteurs d’activité. La majorité des contrats conclus le sont avec des collectivités territoriales et des associations à but non lucratif. Le secteur non marchand est donc très présent dans le développement des emplois d’avenir : ce sont 80 % des jeunes qui ont signé un contrat dans ce secteur, contre 20% seulement dans le secteur marchand.

On retrouve très majoritairement les contrats d’apprentissage dans les secteurs de l'alimentation, du commerce de détail, du bâtiment et des travaux publics, mais aussi à des métiers qui relèvent de tous les autres secteurs d'activité : hôtellerie-tourisme, services à la personne, secteur automobile, électronique.

A contrario, les Emplois d’avenir sont signés très majoritairement dans le secteur public (29%) ou au sein du secteur médico-social (21%), des sports et loisirs (5,5%) ou de la santé (6,3%). Les activités de restauration (5,7%), de la construction (3,2%) ou du commerce, réparation d’automobiles ou de motocycles (3,9%) sont peu représentées.

Enfin, les Missions Locales sont restées engagées dans leur travail sur l’apprentissage, l’exemple des actions de Missions Locales de Corse illustrent les initiatives mises en place dans de nombreux territoires. Elles ont développé depuis de nombreuses d’années des actions visant à rapprocher les jeunes et les entreprises et à accompagner les apprentis au sein des entreprises pour prévenir leurs échecs.

On ne peut donc pas parler de concurrence entre Emplois d’avenir et apprentissage. Les emplois d’avenir constituent une nouvelle voie d’insertion socioprofessionnelle qui permet d’inscrire les jeunes dans une nouvelle dynamique personnelle, liant accès à l’emploi et formation professionnelle.

La diminution des contrats d’apprentissage en France semble liée à d’autres facteurs, comme la situation économique ou la prudence des très petites entreprises en particulier face aux incertitudes.

Cette baisse est aussi probablement due à l’annonce de la suppression de la prime à l’apprentissage pour les entreprises de plus de 10 salariés qui a contribué à la baisse des entrées en apprentissage à la rentrée 2013. Pour mémoire, en 2011 et 2012, le nombre des contrats a augmenté de 2,5 %, une hausse qui tient essentiellement aux entreprises employant au moins 50 salariés dans lesquelles les entrées ont augmenté de 11 % et qui concentraient alors 23 % des nouveaux contrats.