Point d’étape sur l’expérimentation de la Garantie jeunes avant la généralisation annoncée

Représentation du réseau |

Le 2ème comité de pilotage de la Garantie Jeunes, animé par Emmanuelle Wargon, déléguée générale à l’emploi et à la formation professionnelle (DGEFP) s’est réuni le 6 octobre 2014, avec près de 100 participants, présidents ou directeurs de Missions Locales ou d’ARML. Principaux points évoqués : les prochaines étapes du déploiement de la Garantie jeunes, les modalités de mobilisation des jeunes, l’appui/formation des conseillers des Missions Locales et l’évaluation de la démarche. Le jour même, le groupe de travail animé par l’UNML se réunissait pour faire l’analyse des conditions du déploiement de cette expérimentation dans les 10 premiers territoires.

Les prochaines étapes du déploiement

Emmanuelle Wargon a rappelé les orientations prises à la suite de la grande conférence sociale de juillet 2014 : 50 000 jeunes seront accompagnés dans le cadre de la Garantie jeunes en 2015 pour atteindre le chiffre de 100 000 jeunes en 2017. Ce sont dans un premier temps 10 000 jeunes supplémentaires qui seront accompagnés en janvier 2015 dans le cadre de l’expérimentation débutée novembre 2013.

Puis 30 000 jeunes vont accéder en 2015 à la Garantie jeunes, en 3 vagues successives de 10 000 entrées, soit une première vague en avril 2015, une 2ème vague en juin 2015 et enfin une dernière vague en septembre/octobre 2015. La déléguée générale a souligné que les exigences quantitatives seront plus importantes en 2015, car les objectifs devront être atteints.

La DGEFP a rappelé que les deux premières vagues de 10 000 jeunes continuent à se situer dans la cadre de l’expérimentation, avec l’objectif de « ne pas passer à côté de la cible des jeunes concernés si le processus d’entrée est trop rapide ».

Le financement de la Garantie jeunes

Même si les règles de gestion restent à définir très précisément, les modalités de financement de la Garantie jeunes ont été rappelées : 1 600 € seront accordés aux Missions Locales par jeune accompagné. Une convention pluriannuelle de financement sera proposée aux Missions Locales. Les objectifs quantitatifs du nombre de jeunes accompagnés par territoire, seront définis par les DIRECCTE, en concertation avec les Missions Locales, sur la base de groupes de 100 à 300 jeunes.

Conformément aux souhaits de l’UNML, le FSE lié à l’IEJ sur les territoires éligibles sera mobilisé par l’Etat qui fera l’avance des fonds pour les Missions Locales, afin d’éviter les difficultés de trésorerie. Ces dernières devront collecter les données sur les entrées des jeunes et sur la réalité de l’accompagnement mis en place. Une simplification de la justification a été évoquée, grâce aux liens entre les deux systèmes d’information, Parcours 3 et Ma démarche FSE.

Le jeune continuera à percevoir son indemnité en cas de renouvellement de son accompagnement, mais les crédits d’accompagnement ne seront pas renouvelés pour ces jeunes.

Les interventions de l’UNML

Le financement de la formation des professionnels, comme la sécurisation des ressources des Missions Locales font partie des échanges de l’UNML tant avec la DGEFP que les membres du cabinet du Ministre du travail, de l’emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social.

Ainsi, l’UNML a proposé à la DGEFP d’examiner les besoins en financement de la formation des conseillers à la mise en place de la Garantie jeunes, après une estimation du nombre de salariés potentiellement concernés et des coûts induits. Michel Guernion, Président de la CPNEF, a souligné lors de la table ronde consacrée à la formation, que, dans une période de contraintes financières, la branche n’est pas en capacité à prendre en charge seule ces nouvelles dépenses.

L’action de l’UNML concerne également l’autoévaluation de l’expérimentation de la Garantie jeunes. Le jour même du Copil, l’UNML réunissait le groupe de travail national composé de présidents et de directeurs de Missions Locales, illustratives de ce qui se passe dans les différents territoires. L’engagement effectif voire l’enthousiasme exprimé des équipes est réel pour cette expérimentation, même si les conditions de déploiement de la Garantie jeunes restent difficiles avec des incertitudes sur le modèle économique et des problèmes matériels ou de ressources humaines complexes à gérer.

Sur proposition du groupe de travail, le bureau de l’UNML a décidé en juillet dernier de mettre en place un espace d’échanges, de capitalisation et de valorisation des pratiques des Missions Locales dans le cadre de la Garantie Jeunes, mais aussi dans le cadre d’actions innovantes comme la recherche action collective « agir pour et avec les jeunes dans les territoires ».

Plus qu’une simple boîte à outils, le site internet en projet, doit permettre au réseau de capitaliser les démarches, les pratiques, les méthodes et les outils qu’elles mettent en place autour de 3 thématiques principales : - l’innovation sociale en matière d’accompagnement des jeunes : méthodes, outils, pratiques ; - la participation des jeunes et la prise en compte de leur parole ; - le travail réalisé par les Missions Locales avec le monde économique.

Cette démarche de valorisation va également contribuer à renforcer la reconnaissance de la place et du rôle du réseau des Missions Locales, comme 1er service public d’accompagnement des parcours des jeunes entre l’école et l’emploi.

La garantie jeunes : quelques chiffres

Près de 5 000 jeunes participent à l’expérimentation dans un des 10 premiers territoires. Ce sont majoritairement des jeunes gens (53%), plutôt âgés de 18 à 21 ans. Plus de la moitié d’entre eux est de niveau égal ou inférieur au niveau 5 bis (sortie de l’école en 3ème). Plus de 9 jeunes sur 10 ont été orientés par une Mission Locale. Plus des 2/3 des jeunes ont démarré une situation de type emploi ou formation.

L’UNML est très engagée dans les discussions avec la DGEFP sur la mise en place de la « Garantie jeunes », depuis mars 2013, au moment du lancement du groupe de travail animé par Emmanuelle Wargon et Marc Gurgand. Elle participe ce jour mardi 14 octobre 2014, à la 2nde rencontre du comité de suivi interministériel de l’expérimentation de la Garantie jeunes