Participation des jeunes : « Cela motive d’être entendus ! »

Représentation du réseau |

L’année 2013 a été marquée pour le « réseau jeunes », soutenu par l’UNML et l’Institut Bertrand Schwartz, par l’action « Arrêtez de nous mettre dans vos cases ! ». Depuis, les jeunes ont émis le souhait de continuer à faire vivre cette action. Retour sur la journée de travail du 30 avril 2014 à la Mission Locale de Lille, structurée autour de trois thèmes : l’orientation subie, l’empilement des dispositifs et les clichés. Au menu : aller plus loin dans la rédaction des messages forts définis par les jeunes et formuler les propositions qui en découlent. Lauriane Belle, volontaire en service civique à la Mission Locale de Dijon, fait partager ici son expérience de la journée.

La journée du 30 avril : les jeunes s’approprient les messages, se mobilisent et formalisent des premières propositions

L’action « Arrêtez de nous mettre dans vos cases ! » s’est déroulée sur toute l’année 2013 et s’est conclue par l’événement du 16 décembre 2013 à Aubagne. Les jeunes ont alors pu porter haut leur parole collective. Une grande partie des jeunes engagés alors sont désormais partis vers d’autres horizons. D’autres ont pris la suite et sont tout aussi déterminés à porter la parole des jeunes et à faire bouger les choses. S’ils se reconnaissent dans l’appel « Arrêtez de nous mettre dans vos cases ! », ces jeunes ne l’ont pas rédigé eux-mêmes, ce qui peut parfois en rendre l’appropriation plus complexe.

Lors de la réunion qui s’est tenue à Paris en février 2014 ainsi que lors de nombreux échanges bilatéraux avec les jeunes, le besoin s’est fait ressentir d’aller plus loin dans la rédaction des messages forts définis par les jeunes et des propositions qui en découlent.

Ce besoin a trouvé un écho positif au sein de la Mission Locale de Lille qui s’est proposée de mobiliser des jeunes autour de la formalisation de propositions, en y associant également des jeunes venant d’autres territoires.

La journée de travail qui s’est déroulée le 30 avril 2014 à Lille marque une étape importante de l’action et trouvera sa suite logique lors du temps de rassemblement des jeunes le 21 Mai 2014 à Blois.

Témoignage de Lauriane Belle, volontaire en Service Civique à la Mission Locale de Dijon depuis janvier 2014

Lauriane a rejoint le réseau jeunes pour préparer le bilan 2013 et participer à la suite de l’action collective « Arrêtez de nous mettre dans vos cases ! »

Comment avez-vous rejoint l’action « Arrêtez de nous mettre dans vos cases ! » ?

A la Mission locale de Dijon, on m’a présenté l’action nationale et le but de l’action « Arrêtez de nous mettre dans vos cases ! » pour la Mission Locale. J’ai rencontré l’UNML et des jeunes engagés dans l’action en février. A ce moment-là s’est posée la question de savoir comment la suite allait s’organiser. Il fallait choisir des jeunes référents dans chaque thème. Je commençais en Service civique et cela m’intéressait énormément. Je me suis proposée comme référente sur le thème des clichés. On a choisi aussi de relier des projets locaux à l’action nationale. A Dijon, on porte beaucoup de projets sur le thème des clichés et de la discrimination. Cela me semblait logique de m’inscrire dans cette voie.

Pour en revenir à la journée du 30 avril, comment était-elle organisée ?

Elle s’est organisée autour des trois thèmes : l’orientation subie, l’empilement des dispositifs et les clichés liés à la jeunesse. Chaque groupe thématique était constitué d’environ 15 jeunes et de 2 animateurs. Un des animateurs était un jeune, l’autre un jeune de la JOC. Chaque débat entre jeunes durait une heure. Puis les groupes tournaient. L’ensemble des jeunes s’est donc exprimé sur les trois thématiques. Les animateurs faisaient ressortir ce que les jeunes avaient à dire, en partant de l’appel et en essayant de faire formuler des propositions, à partir d’un débat.

Quel a été votre rôle en tant que référent ?

J’ai assisté aux 3 groupes et fait la synthèse du groupe « Discriminations -Clichés ». J’ai récupéré les paperboards rédigés avec les jeunes. J’ai tout compilé et on a présenté une synthèse en fin de journée.

Qu’avez-vous retenu comme propositions ?

Deux propositions m’ont marquée. Celle sur les médias et les jeunes, par exemple : ce qui dérangeait beaucoup les jeunes présents, c’était l’image des jeunes montrée par les téléréalités. Un slogan est sorti « L’image des jeunes tue ». Car c’est vrai que l’image des jeunes que l’on montre à la télé a dérangé les jeunes ; c’est une stigmatisation de la jeunesse. Cela m’a marquée parce qu’ils étaient nombreux dans le groupe à contester cette image renvoyée alors que c’est le public visé par ces émissions. Cela nous dessert plus que cela nous valorise et cela ne divertit pas. Je n’y avais moi-même pas spécialement pensé sur le moment et c’est ressorti dans les 3 groupes.

La deuxième qui m’a marquée – et je me suis demandé pourquoi on n’y avait pas pensé plus tôt ! – c’est la création d’une journée pour informer les jeunes sur tous leurs droits. Leur apprendre à quoi sert la sécurité sociale, une mutuelle, la CAF… Peu de jeunes savent cela, on a eu différents parcours de vie, les parents ne nous l’apprennent pas forcément. On est en demande de cela.

Qu’avez-vous retiré de cette journée, à titre personnel ?

Le plaisir d’aller à Lille rencontrer plein de jeunes, les jeunes de l’action et d’autres jeunes aussi qui avaient énormément, énormément de choses à dire. C’est vrai que c’est super d’entendre « C’est bien beau, on est tous assis autour d’une table, on parle tous de nos problèmes, mais en fait on se rend compte que tout le monde a les mêmes problèmes. On n’est pas tout seul. » Au début, on se dit « cela ne sert à rien de faire cela », mais au fur et à mesure de la journée, on entend « Cela peut aller plus loin, on peut porter d’autres propositions ». Cela motive d’être entendus !

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