«Les élus doivent porter l’action des Missions Locales»

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Pour Florence Bellamy, Présidente de Dynamique Emploi, membre du bureau de l’UNML, les Missions Locales ne sont pas suffisamment connues et reconnues pour la qualité de leurs actions d’insertion sociale et professionnelle auprès de leurs publics, et même de leurs partenaires. Elle revient sur la question du rôle crucial que les Missions Locales vont jouer dans la mise en œuvre des futurs contrats de ville mais aussi sur les incidences de l’expérimentation Garantie Jeunes en Essonne et sur les actions menées par Dynamique Emploi pour favoriser la participation des jeunes.

Légende photo : le Premier Ministre Manuel Valls a signé le 400e Emploi d'avenir mis en oeuvre par Dynamique Emploi le 13 décembre 2014, en présence de Florence Bellamy.

Comment est organisé Dynamique Emploi et comment décririez-vous votre public ?

Dynamique Emploi a cette particularité qui est de regrouper des publics adultes et des publics jeunes. La structure émane de la fusion de la Mission Locale et du PLIE.

Nous accueillons environ 5000 personnes par an dont 70 % de jeunes. Il faut savoir que l’agglomération Centre Evry Essonne est une des agglomérations les plus jeunes de France.

50 personnes travaillent à Dynamique Emploi, elles sont réparties en deux grands pôles : un pôle accompagnement-orientation et un pôle ingénierie. Ce dernier pôle recouvre les champs de l’innovation, des « relations entreprises » et de la communication. Il travaille sur les appels à projets et sur les actions innovantes, toujours en lien avec les conseillers professionnels. Nous avons une approche transversale, en mode projet.

Comment Dynamique Emploi s’emploie-t-il à être un acteur majeur de l’insertion sociale et professionnelle des jeunes dans son territoire ?

Nous partons des problématiques des personnes : nous analysons la situation de tout demandeur d’emploi qui rentre dans la structure. En fonction de cela, nous déterminons les modalités pratiques d’accompagnement qui sont validées dans le cadre d’une commission d’évaluation. Nous travaillons collectivement. Nous pensons que le conseiller a besoin de s’appuyer sur une équipe pour pouvoir agir avec efficacité. Ses collègues apportent leur regard et leur analyse en termes de diagnostic et de méthodologie.

L’Essonne entre dans l’expérimentation Garantie jeunes en janvier 2015. Quels sont les changements induits par l’expérimentation que vous avez commencés à identifier ?

Nous sommes en train de nous organiser au niveau départemental avec les collègues élus des autres Missions Locales. Nous avons des problématiques communes qui sont réglées techniquement avec efficacité mais si on avait une vision globale à l’échelle du territoire en termes de politique publique d’insertion et d’emploi, il y aurait sans doute des actions à monter ensemble. Nous travaillons à une mutualisation des pratiques pour l’instant sur le territoire de l’Essonne. Une Mission Locale peut rarement porter seule parfois des politiques publiques alors qu’ensemble ce serait possible.

Qu’en est-il de la question de la participation des jeunes dans les actions qui les concernent, au sein de Dynamique Emploi ?

Cela fait partie de nos grands chantiers de 2015. Y compris de faire entrer des jeunes dans notre conseil d’administration et dans le bureau de l’association. Le bureau est essentiellement composé d’institutionnels Je voudrais y voir entrer des jeunes et des entreprises. Ce qui donnerait une autre dimension à nos politiques publiques. Concernant l’engagement des jeunes, nous avons mis en place une action qui s’appelle « Les Matinales de Dynamique Emploi » qui ont pour objectif de faire se rencontrer des demandeurs d’emploi, jeunes et adultes, (on le fait aussi spécifiquement avec des jeunes) et les élus du territoire. Les jeunes travaillent en amont sur un sujet avec un coach. Ils préparent ainsi le débat avec le ou les politiques en face d’eux. Suite à l’échange, des propositions concrètes peuvent apparaitre et sont mises en œuvre par Dynamique Emploi.

Ce rapport de l’élu aux jeunes est très important. Les élus ont besoin du regard des jeunes pour pouvoir réajuster leur plan d’action. Le travail en collectif permet aussi au jeune de sortir de sa problématique personnelle pour raisonner de manière plus globale. Nous souhaitons aussi travailler sur la vision qu’ont nos publics de Dynamique Emploi, en réfléchissant notamment au premier accueil, afin que le jeune reparte avec des informations claires et qui le concernent. Une consultation citoyenne à l’échelle de la ville d’Evry (16 réunions prévues au total avec la population) nous a permis de nous rendre compte que certains jeunes repartaient avec des informations qui leur semblaient peu lisibles, ce qui peut porter préjudice à l’image et donc à l’action de Dynamique Emploi.

Comment définiriez-vous la place des Missions Locales au sein d’un territoire ?

J’ai découvert, en travaillant avec mes collègues élus d’Ile-de-France, que les Missions Locales ont une vraie valeur ajoutée et une réelle expertise qui ne sont pas mises réellement en valeur. Je trouve que les Missions Locales devraient être encore plus portées par les élus politiques.

A titre d’exemple, les Missions Locales vont avoir un rôle majeur à jouer dans le futur contrat de ville, notamment dans les quartiers populaires en terme d’emploi des jeunes. Elles ont réussi un beau challenge sur le dispositif Emplois d’avenir et ont su fédérer les acteurs de leur territoire. L’expérimentation de la Garantie jeunes démontrera une nouvelle fois leur expertise et leur connaissance affinée du territoire.