Les contrats aidés, au secours de l'emploi des jeunes, révèle l'activité des Missions Locales

Représentation du réseau |

Depuis 2011, le nombre de jeunes accueillis dans les Missions Locales a augmenté dans de telles proportions qu'il "a atteint en 2013 un niveau historique" avec 1,45 million de bénéficiaires de ces structures, dont plus de 1,2 million ont été reçus en entretien individuel par un conseiller, rapporte la DARES dans une étude sur l'activité du réseau en 2012 et 2013. (Article paru dans ASH, repris avec leur aimable autorisation).

Cette étude met également en évidence le fait que "l'accès à l'emploi des jeunes suivis se dégrade malgré un fort recours aux contrats aidés".

Quelque 534 000 jeunes de 16 à 25 ans ont en effet été accueillis pour la première fois en 2013 dans le réseau des missions locales, soit le niveau le plus haut depuis 2005, en augmentation de 5 % par rapport à 2012 et de 10 % par rapport à 2011, précise la direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques (DARES), qui dépend du ministère du Travail et de l'Emploi. "Cette forte progression traduit l'effort du réseau en direction des jeunes particulièrement touchés par la hausse du chômage", alors que le taux de chômage des 15-24 ans est passé de 21,9 % au 4e trimestre 2011 à 25,3 % fin 2012, avant de redescendre à 22,7 % fin 2013.

Une activité en hausse

Dans ce contexte, "l'activité globale s'est logiquement accrue avec un peu moins de 4,5 millions d'entretiens indviduels assurés par les conseillers des Missions Locales". Les jeunes reçus ont ainsi signé 593 000 contrats de travail en 2013, soit un nombre stable depuis 2012 mais en diminution de 7 % par rapport à 2011. "Cette baisse sensible recouvre une forte chute des contrats de travail 'classiques' (100 000 de moins en deux ans), en partie compensée par un recours important aux emplois aidés (63 000 de plus en deux ans) qui limite l'impact de la crise économique pour les jeunes bénéficiaires", commente alors la DARES.

Le nombre de contrats "classiques" s'est ainsi réduit à 415 000 en 2013 contre 465 000 en 2012 et 516 000 en 2011, l'intérim étant particulièrement affecté (- 16 % entre 2011 et 2012). "La baisse du nombre de contrats à durée indéterminée (CDI) signés est aussi particulièrement spectaculaire : - 15 % entre 2011 et 2012 puis - 19 % entre 2012 et 2013", selon cette étude, de même que le nombre de contrats en alternance (apprentissage et professionnalisation), en baisse de 12 % sur deux ans. Cette tendance est "en partie compensée par une forte hausse des contrats aidés" - qui s'élevaient à 133 000 en 2013, contre 80 000 en 2012 et 70 000 en 2011 -, hausse qui "s'explique par une croissance soutenue de l'emploi aidé non marchand entre 2011 et 2013, due notamment au lancement des emplois d'avenir à partir de la fin de l'année 2012" ; ces derniers ont ainsi bénéficié à 78 000 jeunes suivis par les missions locales au cours de l'année 2013.

Des efforts vers les non-diplômés

renforcé : 30 % des jeunes qui n'ont pas le bac l’ont rencontré au moins six fois leur conseiller dans l'année, en 2012 (contre 27 % en 2011). » (au lieur de : « avec un suivi renforcé de la part de leur conseiller, rencontré au moins six fois dans l'année, en 2012, par 30 % des jeunes qui n'ont pas le bac (contre 27 % en 2011). »

Par ailleurs, la proportion de bacheliers accueillis par les missions locales n'a également pas cessé d'augmenter, 36 % des jeunes en premier accueil en 2013 étant au moins titulaires du bac, contre 34 % un an avant et 32 % deux ans avant, cette tendance, observée depuis 2005, s'étant accélérée depuis 2011. Mais c'est cependant en direction des jeunes non diplômés que le réseau a intensifié ses efforts, selon la DARES, 30 % des jeunes qui n'ont pas le bac ont rencontré au moins six fois leur conseiller dans l'année, en 2012 (contre 27 % en 2011). ».

A noter cependant "des disparités régionales importantes des taux d'accès à la formation et à l'emploi" dans les six premiers mois d'accueil, souligne encore cette étude, les taux d'emploi les plus élevés étant observés dans le Limousin (36,5 %) ainsi qu'en Basse-Normandie, en Champagne-Ardenne et en Auvergne (où ils dépassent les 30 %) ; à l'inverse, ils sont particulièrement faibles dans les DOM (de 8 à 14 % hors Mayotte) tandis que figurent, en milieu de tableau, les régions Ile-de-France, Provence-Alpes-Côté-d'Azur et Nord-Pas-de-Calais. Pour la formation, c'est la Lorraine qui tire le mieux son épingle du jeu (25 %), devant PACA (22 %), alors que les taux sont très bas en Poitou-Charentes, en Picardie et en Bourgogne. Les jeunes suivis par les missions locales sont enfin, de manière générale, "plus dépendants que par le passé en matière de logement et de transports", environ 60 % d'entre eux n'ayant, par exemple, aucun moyen de transport individuel motorisé.

Lire "L'activité des missions locales en 2012 et 2013", DARES Analyses n° 048, juin 2014