Conseil en évolution professionnelle : le cahier des charges est fixé

Représentation du réseau |

Trois niveaux de prestation sont définis dans le cahier des charges du Conseil en évolution professionnelle (CEP) : l'accueil individualisé, le conseil personnalisé et l'accompagnement personnalisé. Les Missions Locales sont l'un des cinq opérateurs nationaux du CEP. Publication de l'arrêté, définition des trois niveaux de prestation et éléments de calendrier.

Annexé à l’arrêté, texte d’application de la loi du 5 mars 2014 relative à la formation professionnelle, l’emploi et la démocratie sociale, le cahier des charges détermine « les finalités et les publics bénéficiaires du CEP », « l’offre de service », « les principes et les modalités de mise en œuvre » ainsi que « le suivi de [cette] mise en œuvre ».

Tous les actifs sont concernés

Le conseil en évolution professionnelle apparaît comme « un processus d’appui à tout actif pour faire le point sur sa situation professionnelle, et, le cas échéant, élaborer et formaliser un projet d’évolution professionnelle quelle qu’en soit la nature (insertion professionnelle, mobilité interne ou externe, reconversion, reprise ou création d’activité…). » Gratuit, le processus est mis en œuvre à l’initiative de la personne, tout au long de sa vie active et dans l’objectif de contribuer à « améliorer [sa] capacité à faire ses propres choix professionnels et à évoluer professionnellement, notamment par l’accroissement de ses aptitudes, de ses compétences et de ses qualifications professionnelles. » Individualisé, le conseil en évolution professionnelle vise notamment à l’élaboration d’une «stratégie d’évolution» et d’un «plan d’action», formalisés dans un «document de synthèse» dont le modèle est commun aux opérateurs du CEP.

Trois niveaux de services

1. L’accueil individualisé, réalisé dans le cadre du Service public régional d’orientation

Il est destiné à «permettre au bénéficiaire d’analyser sa situation professionnelle, de décider de la poursuite ou non de ses démarches et d’identifier les acteurs susceptibles de l’y aider.» Cet accueil est réalisé dans des conditions communes à l’ensemble des membres du Service public régional d’orientation. « Ces organismes [seront] désignés par la région (…) après concertation au sein du bureau du comité régional de l’emploi, de la formation et de l’orientation professionnelles (Crefop). » C’est ici que la diversité s’exprimera, soit en raison de la nature même des implantations territoriales (Maisons de l’information sur la formation et l’emploi, Cités des métiers, …), des spécificités régionales (Maisons de la formation professionnelle en Bretagne, Points Accueil Information Formation en Rhône-Alpes, …) ou des choix politiques (centres d’information et d’orientation, Maisons de l’emploi, …).

2. Le conseil personnalisé, délivré par les opérateurs du conseil en évolution professionnelle

Cinq organismes nationaux sont cités dans l'arrêté : les Missions Locales, pour les jeunes, Pôle emploi, Cap emploi et l’Association pour l’emploi des cadres (Apec) pour les demandeurs d'emploi, et, enfin, les organismes paritaires agréés au titre du congé individuel de formation (Opacif) pour les salariés et nouveaux demandeurs d’emploi issus de contrat à durée déterminée. Quel que soit l’organisme, le bénéficiaire disposera dès lors d’un référent qui le suivra, dans une démarche de « co-construction » destinée à éviter toute approche prescriptive, « tout au long du processus de conseil et d’accompagnement de son projet d’évolution professionnelle, de l’élaboration à sa réalisation (niveaux de services 2 et 3). »

3. L’accompagnement personnalisé à la mise en œuvre du projet

Il incarne la volonté du législateur de ne pas lâcher le bénéficiaire en milieu de parcours. Le conseiller est invité à « faciliter la concrétisation » du « projet d’évolution professionnelle de la personne et de la stratégie associée. » Pour ce faire, un plan d’actions, révisable, est co-construit, incluant si besoin parcours de formation et plan de financement. À défaut d’avoir pu simplifier l’ingénierie financière des parcours d’évolution professionnelle, le cahier des charges implique désormais fortement le conseiller référent, dont le rôle va jusqu’à « prendre contact pour le compte du bénéficiaire avec les financeurs afin soit d’assurer la couverture entière du coût de l’action projetée, soit de diminuer le reste à charge pour le bénéficiaire.»

Mise en oeuvre

Pour organiser sa mise en oeuvre, la « quadripartite » (Etat, Région, partenaires sociaux) a prévu des réunions bimensuelles de septembre à décembre 2014 avec les cinq opérateurs du CEP. Ces rencontres se déclineront en 4 chantiers autour des thèmes de la communication, de la professionnalisation des conseillers, de la préparation des indicateurs de suivi et de la coordination des acteurs.

Depuis fin 2013, l'UNML a engagé une réflexion interne avec les 8 associations régionales des Missions Locales engagées dans l’expérimentation du Service public régional d’orientation, ce qui a permis de déterminer un plan d’actions pour répondre aux premières questions identifiées autour de :

  • la formation des professionnels pour réaliser les missions prévues dans le cadre du SPRO, renforcées par le développement du CEP, en termes d’aide au choix professionnel,
  • l’outillage technique des Missions Locales pour dispenser une information sur les perspectives d’emploi et de formation,
  • l’impact du 1er niveau d’accueil de l’ensemble des publics pour les Missions Locales dans les territoires où elles sont le seul représentant du Service Public de l’Emploi (territoires ruraux, de montagne, quartiers sensibles): projet associatif, organisation, moyens dédiés et financement.