«Réussir l'Industrie» : une action présentée lors de la Jite 2019 (Mission Locale du Pays de Vitré)

Du côté des Missions Locales |

La Journée des initiatives territoriales pour l’emploi (Jite) s’est déroulée le 27 juin dernier. Sollicitée par la Direccte et la DGEFP, la Mission Locale du Pays de Vitré (Bretagne) y a présenté « Réussir l'Industrie ». Un projet mené depuis trois ans qui permet aux jeunes de découvrir les métiers industriels par la mise en œuvre d’une pédagogie inductive. Rencontre avec son directeur, Bruno Maisonneuve.

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Dans quel contexte est née cette action « réussir l’Industrie » ?

Le territoire de Vitré se caractérise par un taux de chômage très bas (4.8%) et par la part importante de l’emploi industriel (44% vs 18% au niveau régional). Nous relevons chaque jour le désamour des jeunes de la Mission Locale pour ce secteur : seul un jeune sur cinq exprime spontanément un intérêt pour l’industrie.

Un taux de chômage aussi bas génère nécessairement des tensions quant au recrutement. En partenariat avec l’UIMM et sa fondation, nous avons imaginé un dispositif progressif s’appuyant sur trois leviers : la pédagogie inductive (faire pour apprendre) ; la promotion de « l’employeurabilité » (ce que font les entreprises pour donner envie de les rejoindre) ; et enfin une préfiguration de formation en situation de travail au sein de l’entreprise Sulky Burel.

Comment se déroule cette action ?

Nous avons construit un parcours progressif en 5 étapes. Tout d’abord la mise en place d’ateliers ludiques (phase 1 et 2) pour susciter la curiosité du jeune par le jeu : nous reproduisons des « micro mondes » industriels : fabrication de savonnettes, montage/démontage de lampes torches, fabrication de crêpes (Bretagne oblige) pour développer un début de culture professionnelle chez le jeune.

La 3ème étape est dite « visite scénarisée » ; nous partons du constat qu’une visite d’entreprise réussie est une visite préparée. Ce qui prime est la qualité du premier contact, pas du second. Elle est longuement préparée en amont, avec un interlocuteur identifié qui appréhende les caractéristiques des jeunes accompagnés. L’issue de telles visites ? Une PMSMP négociée voire un emploi. Le temps consacré par l’entreprise détermine pour partie son niveau « d’employeurabilité ».

Les immersions, également préparées en amont, constituent la phase 4. Et enfin, la phase 5 avec la formation en situation de travail : l’entreprise (250 salariés) met à disposition une salle de cours et surtout un plateau technique pendant 10 semaines. Les jeunes y côtoient au quotidien les salariés de l’entreprise, comprennent les exigences attendues. Ils apprennent à devenir salarié (comportement, compréhension des codes…) puis professionnel (compétences). Les salariés se prennent au jeu et accompagnent les jeunes pour les faire monter en compétences.

Avez-vous dû revoir des facettes du dispositif au fur et à mesure de son avancement ?

Oui, il faut faire preuve de créativité, d’inventivité. Nous avons poussé l’organisme de formation à adapter sa pédagogie. Nous sommes dans l’ajustement permanent. Ce dispositif séduit et s’avère duplicable à d’autres secteurs. Des entreprises qui s’intéressent au concept « d’employeurabilité » nous sollicitent pour déployer « Réussir l’industrie » en leurs murs.

Quels sont les résultats chiffrés ?

Ce dispositif a touché 400 jeunes en 3 ans sur les phases 1 et 2 ; 150 jeunes sur les phases 3 et 4. Et 50 jeunes ont été pré-formés, pré-qualifiés. Avec des retombées positives en termes d’emploi et de formation (8 jeunes sur 10).

Chiffres clés de la Mission Locale :

  • 600 jeunes accueillis chaque année.
  • 15 salariés.
  • « Réussir l’industrie » : objectif initial de 35% de jeunes en industrie. Objectif dépassé avec 41% de jeunes aujourd’hui.

La Mission Locale de Sénart a également présenté son action MyMatchUp au Jite 2019. Lire à ce sujet