Témoignage d’Estelle sur sa participation lors du grand débat national avec le Président de la République

Du côté des Missions Locales |

Estelle Ferrandes, jeune accompagnée par la Mission Locale de l'arrondissement de Dijon, a pris la parole - de façon remarquée et remarquable - lors du grand débat national lancé par le Président de la République. Estelle Ferrandes s'est exprimée sur un sujet qui lui tient particulièrement à coeur, l'autisme Asperger. Elle a aussi salué le collectif de jeunes de Missions Locales "Arrêtez de nous mettre dans vos cases", auquel elle a participé, et grâce auquel elle a pu développer son "pouvoir d'agir" : Estelle a ainsi pu formuler les principales propositions du collectif auprès d'Emmanuel Macron, à la fin du débat.

Lire le socle de propositions du collectif de jeunes Arrêtez de nous mettre dans vos cases

Vous avez rencontré le Président de la République Emmanuel Macron dans le cadre du grand débat national, avec d’autres jeunes. Quels sont les thèmes sur lesquels vous êtes intervenue ? Pour quelles raisons les avoir choisis ?

Avec d’autres personnes présentes au débat, la question du handicap a été évoquée. J'ai rebondi (littéralement) sur le TSA (Trouble du Spectre de l'autisme) et voulu parler sur le Syndrome d'Asperger, parce que je suis scandalisée par l'ignorance ou la méconnaissance des Français sur ces troubles neuro développementaux. J'ai insisté sur la situation de combat perpétuel à mener pour face à cette ignorance qui peut mener à la stigmatisation. Savez-vous que le spectre de l'autisme compte des milliers de nuances et que c'est un TED (Trouble Envahissant du Développement), non une maladie et combien d'entre eux ont compensé leurs difficultés en intellectualisant et sont maintenant invisibles aux yeux de la société ?

C'est le sujet qui m'a fait le plus vibrer. Il me fait penser à tous les oubliés et exclus, qui ne rentrent pas dans le moule attendu par la société. Certains s'abandonnent eux-même pour se conformer à une vie enchaînée.

Je suis en cours de diagnostic autiste Asperger, c'est une des raisons pour lesquelles je me suis exprimée. Car qui est le mieux placé pour parler le mieux de son handicap que la personne en situation de handicap ?

Quels sont les autres sujets abordés par les jeunes présents ? Avez-vous pu échanger avec eux avant ou après la rencontre ?

Il y a de nombreux thèmes que nous avons portés ce jour-là, notamment le harcèlement scolaire, la jeunesse SDF, les problématiques écologiques, la désinformation, les troubles dys (dysgraphie, dyslexie, dyscalculie, dysmiroire..), les frais de concours et de formations d’excellence, la société divisée, le handicap, la volonté des jeunes de s'impliquer et de participer à un monde solidaire et inclusif.

Par ailleurs, nous avons échangé entre jeunes à la suite du débat car cette prise de parole nous a rapprochés. Nos histoires ont résonné grâce aux maux et mots qui furent portés. Cet événement nous a rassemblés et il faut continuer à marcher main dans la main, et ne pas être individualistes.

Avez-vous le sentiment d’avoir été entendue par le Président de la République ?

A ce moment, un contact fut établi, c'est certain, je ne pourrais répondre pour mes camarades. Il y a eu beaucoup d'énergie et de sincérité à ce moment-là.

Les jeunes sont appelés à construire la société de demain et à œuvrer comme citoyen, Monsieur le Président nous y a d'ailleurs invités.

J'ai un message : écouter les Missions Locales pour commencer ! Il y a de la mobilisation et des idées qui fusent, nous vous appelons au dialogue !

Nimaga Kadidia, volontaire à l'EPIDE, était aussi présente ce jour-là. Elle a abordé la problématique du harcèlement scolaire. Elle exprime ici son sentiment : «Sur le moment, j'ai eu le sentiment qu'on ne me comprenait pas mais maintenant, j'attends d'avoir des résultats pour être certaine que la France m'a écoutée.»

Regarder et écouter l'intervention d'Estelle Ferrandes auprès d'Emmanuel Macron