« Remettre le jeune au centre de l’accompagnement et lui permettre d’avoir des rêves » (Mission Locale Alpes de Haute Provence/ANGC)

Du côté des Missions Locales |

L’Association nationale de Groupements de Créateurs (ANGC) a lancé, avec le soutien de l’UNML, l'organisation de journées de sensibilisation et professionnalisation des Missions Locales aux enjeux de l’esprit d’entreprendre des jeunes et au rôle qu’elles peuvent jouer pour l’encourager. Marie-Claude Lombard et Cathy Mopin, respectivement directrice et conseillère de la Mission Locale des Alpes de Haute Provence reviennent sur ces deux journées qui permettent d’aborder autrement l’entrepreneuriat auprès des jeunes, avec un outillage conséquent. A vos agendas : les prochaines sessions se dérouleront de septembre 2016 à janvier 2017 selon les territoires.

Cette initiative, soutenue par un financement de la Direction générale de l'emploi et de la formation professionnelle (DGEFP) dans le cadre du plan PME-TPE, s’inscrit dans le cadre du travail engagé par l’UNML depuis 3 ans avec l’ANGC, ce réseau de Groupements de Créateurs né et développé dans les Missions Locales.

En tant que directrice de Mission Locale, qu’avez-vous pensé de cette formation quand vous en avez eu connaissance ?

Marie-Claude Lombard : J’ai trouvé le contenu proposé très intéressant, aussi parce qu’il faisait écho aux axes de la CPO, notamment le développement de l’entrepreneuriat.

Il entrait également en résonance avec deux axes du projet associatif que nous nous sommes fixés à la Mission Locale.

Le premier concerne le développement de notre offre de service au regard de tout ce qui est relatif à la création d’entreprise ou création d’activité auprès des jeunes - en articulation avec les partenaires du territoire, la Mission Locale restant dans ses missions généralistes.

Le second est plus large et met l’accent sur l’esprit d’entreprendre dans une démarche d’accompagnement global : nous réfléchissons à rendre plus efficient le service rendu aux jeunes, au moment de l’accueil et durant l’accompagnement.

Comment s’est passée la formation ?

Marie-Claude Lombard : En tant que directrice, je n’ai assisté qu’à la première demi-journée, ce qui est prévu dans l’organisation de la formation. L’équipe* a suivi les deux jours. Cette demi-journée permet de présenter le contexte global, de resituer et de partager tous ensemble nos axes de travail.

Cathy Mopin : Nous avons été agréablement surpris par l’animation, très dynamique, et par le contenu, dense. En complément, nous avons repris ces deux journées en réunion d’équipe départementale pour voir comment mettre la formation en application, avec les outils et la méthode fournis. Nous nous sommes donné un temps d’appropriation des outils et nous allons nous revoir dans un 2e temps.

Qu’apporte une formation sur l’esprit d’entreprendre pour accompagner des jeunes au quotidien ?

Cathy Mopin : Les formations en général permettent de prendre du recul sur nos pratiques avec les jeunes et aussi de les réajuster. Cette formation en particulier nous a apporté de l’outillage et une autre manière de parler de l’entrepreneuriat.

Je me surprends maintenant à poser aux jeunes d’autres questions que je ne posais plus, ou moins : comment entreprendre leur vie ? Comment peuvent-ils se projeter ?

L’esprit d’entreprendre est ici pris au sens large, au sens d’entreprendre son propre projet.

Pour des jeunes qui ont très peu d’espoir, c’est donc leur donner la possibilité de rebondir. C’est aussi leur permettre de se réapproprier un nouveau vocabulaire, leur ouvrir le plus de champs possibles.

La formation permet-elle de mieux préparer et orienter les jeunes vers les partenaires de la création d’activité ?

Cathy Mopin : Oui, même si nous étions bien au fait sur ce champ-là, cette formation a vraiment permis de mieux identifier quels interlocuteurs on pouvait interpeller afin de diriger le jeune au mieux : il s’est agi de remettre les informations au goût du jour, et garder les infos pertinentes. Et sur notre bassin, nous avons des partenaires dynamiques et à notre écoute. Cela a permis d’entrer dans le vif du sujet, de travailler avec le jeune sur le pourquoi et le comment il veut créer et entreprendre. Cela donne envie de le faire travailler sur son projet de création d’activité et que le jeune puisse arriver auprès des partenaires avec quelque chose de consistant et de cohérent. On l’accompagne plus loin et c’est plus étoffé. Les outils aident à cela : ce sont vraiment des outils pratico-pratiques.

Quels sont les deux points forts qui caractérisent l’intérêt de cette formation pour les Missions Locales, selon vous ?

Marie-Claude Lombard : Côté émergence de projet, la formation permet de retravailler sur nos pratiques et d’aider aussi les conseillers à se recentrer sur le jeune. Pendant ces deux jours, on peut revenir au cœur de notre métier et remettre le jeune au centre de l’accompagnement, lui permettre de s’ouvrir et d’avoir des rêves. Le contexte actuel n’est pas réjouissant, on s’enferme souvent dans des logiques de dispositif, on doit avoir des résultats, etc. Là, c’était un moment pour souffler, une bouffée d’oxygène.

Côté entreprise et création d’activité, c’est une remise à niveau de chacun par rapport à l’ensemble des partenaires. La Mission Locale a quelque chose à jouer et peut aller plus loin dans l’accompagnement du jeune qui souhaite se tourner vers la création d’activité, tout en restant centrés sur nos métiers : nous ne deviendrons jamais des spécialistes de la création d’entreprise. Nous avons un rôle de plateforme entre le projet d’entreprendre d’un jeune et le lien avec les professionnels : c’est une arme pour le jeune que de pouvoir rencontrer les professionnels de la création d’activité en étant déjà préparé.

PRECISIONS

*Mme Lombard a proposé à l’ensemble de l’équipe de suivre la formation, afin de travailler les acquis en groupe. C’est un choix de la Mission Locale. La formation organisée par l’ANGC prévoit la participation de 2 ou 3 professionnels par structure, réunis au niveau départemental.

Les sessions sont organisées avec l’appui des ARML.

Pour plus d’information et pour s’inscrire à ces sessions, contactez l’ARML de votre région ou l’ANGC : Envoyer un email