« Se prouver à eux-mêmes qu’ils peuvent faire de grandes choses »

Du côté des Missions Locales |

Du 20 au 27 juin 2016, 10 jeunes - 9 jeunes « en Garantie jeunes » et un jeune volontaire en Service Civique - vont parcourir près de 1200 km sur les routes de la Grande Guerre, sur la ligne de front entre Arras et Verdun. Un événement organisé par la Mission Locale en Pays d'Artois, et mené en partenariat avec les associations AGIR abcd, Arras Cyclo Tourisme et l’entreprise Manpower. Ce projet s’intègre dans un parcours d’accompagnement plus global intégrant valorisation du lien intergénérationnel, mises en situation professionnelle, Histoire, culture et sport.

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Retour sur les grands principes du projet avec Christophe Letombe, conseiller et coordonnateur Garantie jeunes.

Comment est né le projet « Cyclo parrainage » ? Quels sont les objectifs ? Quels sont les rôles des partenaires ?

C’est une opération qui s’est déroulée une première fois en 2014, à l’occasion du centenaire de la Grande Guerre. Nous avions déjà pu travailler le volet sportif avec un volet Histoire et culture.

L’arrivée de la Garantie jeunes en 2015 à la Mission Locale nous a permis de reconsidérer le projet « Cyclo parrainage » avec une approche plus globale : l’objectif premier est de faire vivre aux jeunes une expérience qui sorte de l’ordinaire et dont ils seraient totalement acteurs.

Côté entreprises, nous avons revisité le partenariat avec Manpower Arras pour travailler la relation des jeunes à l’entreprise et multiplier le nombre de mises en situation professionnelle. Le directeur de l’agence d’Arras est intervenu lors de deux réunions collectives, la première sur l’entreprise, ses besoins et le marché de l’emploi et la seconde sur le mode de communication souhaité avec un recruteur. A l’issue du temps de l’action et des interventions, l’idée est de faire un parrainage individuel pour les jeunes qui auront validé leurs mises en situations en entreprise.

Nous avons aussi intégré de nouveaux outils, comme des CV Videos, qui seront réalisés juste après l’événement.

Avec l’association Agir ABCD, nous travaillons sur l’apprentissage du code de la route et de la conduite cycliste. Il y a une professeure d’histoire à la retraite qui est venue faire une intervention sur la Grande Guerre.

Enfin, sur le volet sportif, mais aussi Histoire, l’entrainement se déroule avec l’association Arras Cyclo tourisme, dont un des bénévoles est un ancien instituteur passionné par la guerre 14-18.

Je tiens à dire que la présence des bénévoles est essentielle dans le projet. C’est un joli projet : en fait, ce sont les partenaires qui sont venus à nous parce qu’ils avaient envie de s’adresser aux jeunes et de travailler avec eux.

Comment les jeunes vivent-ils le projet, selon vous ?

Au début, les jeunes étaient assez fermés par rapport à la Grande guerre.

Aujourd’hui, avec l’intervention de cette professeure d’histoire qui a remis les choses en perspective, et les différentes visites - à chaque fois qu’on s’entraine, il y a un objectif, avec des visites - les jeunes sont de plus en plus intéressés, posent de plus en plus de questions.

Il y a un constat : les jeunes se rendent compte qu’on leur donne beaucoup et qu’ils doivent aussi donner. Je suis d’ailleurs moi aussi bénévole sur cette action, les vendredis et dimanches. Pour les jeunes, c’est important de le savoir. Je leur demande aussi de s’engager. Il y a quelque chose qui fonctionne bien parce qu’il y a des bénévoles tout autour d’eux, qui sont présents pendant les ateliers mais aussi entre deux ateliers.

Les jeunes ont décidé des étapes, de ce qu’ils allaient visiter, ils sont responsables du projet. Nous, nous organisons la logistique des points de départ et des points d’arrivée, notamment les accueils par les Missions Locales. Des jeunes « en Garantie jeunes » à Amiens par exemple, préparent un buffet pour les accueillir. A Reims, Verdun et Charleville-Mezières, il y aura des événements.

A la question qu’on nous pose souvent « Comment avez-vous trouvé les jeunes ? », nous répondons que nous leur avons simplement proposé le projet ! Cela leur donne la possibilité de se prouver à eux-mêmes qu’ils peuvent faire de grandes choses. A nous de trouver les moyens de les accompagner au mieux.

Un jeune volontaire en Service Civique fait partie de l’équipe. Quel est son rôle ?

Saindou Mkadara fait complètement partie de l’équipe des jeunes. Il est sur le vélo avec eux, il participe à tout le travail préparatoire. Hier, par exemple, nous étions 20 mètres sous terre dans le lieu même où des soldats britanniques étaient en août 1914.

Il permet de fédérer le groupe de jeunes autour du blog créé à l’occasion de l’événement, notamment. Le blog permet aux jeunes de donner corps, à leurs propres yeux, au projet qu’ils sont en train de vivre.