Picardie : les Missions Locales vont anticiper les fins de contrat des Emplois d’avenir (AEF)

Du côté des Missions Locales |

L’Association régionale des Missions Locales de Picardie veut anticiper les fins de contrat des jeunes en Emplois d’avenir pour "ne laisser personne sans solution". "Chaque mois, les 17 Missions Locales vont recevoir le listing de ceux qui doivent sortir du dispositif dans les six prochains mois", indique Zohra Boukabous, directrice de l’Arifep. Un accompagnement sera mis en place pour éviter à ces jeunes souvent sans qualification de pointer au chômage. "Il va falloir les aider à valoriser l’expérience professionnelle acquise au cours du contrat", prévoit Zohra Boukabous, qui a proposé à l’Afpa de travailler sur la transférabilité des compétences. Sur 7 000 contrats signés dans la région depuis fin 2012, 51 % l’ont été pour moins de deux ans, ce qui n’a pas toujours permis de mettre en place un parcours de formation qualifiante ou certifiante.

Article diffusé avec l'aimable autorisation de AEF

"Une opération coup de poing" : c’est ce que souhaite organiser Zohra Boukabous, directrice de l’Arifep, pour accompagner les fins de contrat des Emplois d’avenir de la région. Le premier jour de chaque mois, les Missions Locales recevront désormais une liste des jeunes qui vont sortir du dispositif dans les six prochains mois. "Nous voulons sortir de la procédure habituelle de suivi, pour contacter l’employeur avant la fin du contrat et faire le point sur ses intentions, les formations engagées, un éventuel projet de formation", explique Zohra Boukabous. Une assistance juridique devrait aussi être apportée aux employeurs qui souhaitent prolonger le contrat sans pour autant signer un CDI.

6 673 jeunes ont signé un Emploi d’avenir entre novembre 2012 et mars 2015 en Picardie : 51 % des contrats sont des CDD d’un à deux ans, 25 % des CDD de deux à trois ans. "Lorsque le contrat a été conclu pour un ou deux ans, l’employeur n’a souvent pas voulu lancer le jeune dans une formation diplômante qui aurait pris un tiers du temps de travail", constate Zohra Boukabous. Les formations permettant une adaptation au poste de travail ont souvent été privilégiées dans les petites structures qui voulaient "des personnes opérationnelles rapidement".

Faire la différence sur le marché du travail

"Un ou deux ans d’expérience professionnelle, c’est un plus sur un CV : même sans formation diplômante, cela fait une différence sur le marché du travail car cela montre que le jeune est employable", estime la directrice de l’Arifep. Les Missions Locales vont organiser des ateliers de technique de recherche d’emploi pour les jeunes encore en Emploi d’avenir.

"Nous avons aussi imaginé et proposé à l’Afpa de travailler sur la transférabilité des compétences acquises par les jeunes employés par des collectivités territoriales vers le secteur marchand : cette information pourrait être donnée par les conseillers des Missions Locales", explique Zohra Boukabous. L’Arifep a aussi proposé à Pôle emploi de mettre en place un suivi spécifique des jeunes de moins de 26 ans sorti d’un Emploi d’avenir : les discussions sont en cours avec l’opérateur public.