Parrainage en Champagne-Ardenne : des groupes de parole pour aller plus loin

Du côté des Missions Locales |

Si des outils de promotion du parrainage ont pu être édités, l’Association régionale des Missions locales, qui porte le dispositif de parrainage dans la région Champagne-Ardenne, a souhaité aller plus loin en organisant des échanges sous forme de groupes de parole entre tous les acteurs du parrainage. Objectifs : analyser, avec le sociologue Jessy Cormont, les enjeux et les défis de ce type d’accompagnement dans un monde économique en pleine mutation et faire des préconisations aux institutionnels. Rencontre avec Sophie Cossu, chargée de mission parrainage et relation acteurs économiques du réseau des Missions locales de Champagne-Ardenne.

Pour visionner le film

Pouvez-vous nous expliquer comment cette action a été mise en place ?

J’ai vocation à animer le parrainage sur la Champagne Ardennes. Nous n’avions pas d’outil spécifique pour le promouvoir tant auprès des jeunes que des parrains potentiels. En 2012, nous avons réalisé un film de promotion du parrainage qui reprend des témoignages de jeunes, de parrains et de conseillers. Il explique bien les différents types de parrainage : collectif, semi-collectif ou individuel.

Nous avons organisé une manifestation de promotion du parrainage où, pour la première fois, ce film a été présenté en février 2013. Lors de cette manifestation, j’avais fait intervenir Jessy Cormont qui fait partie de l'organisme d'intervention sociologique et de formation P.H.A.R.E pour l'égalité. Le sujet portait sur les défis d’accompagner un jeune dans un monde économique en pleine mutation. Cette conférence avait été appréciée du public, tant de la part des conseillers que de la part des institutionnels ou des parrains et marraines. Ce public a manifesté un besoin d’aller plus loin.

Par ailleurs, la DRJSCS (Direction régionale de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale), qui finançait en partie la manifestation, nous a accompagnés dans cette démarche. Dans la continuité de la conférence de Jessy Cormont, nous avons monté un projet d’échanges avec tous les acteurs du parrainage, les accompagnants (conseillers, parrains et marraines) et les jeunes. Nous avons créé des groupes de parole de jeunes, ainsi que des groupes parrains-marraines et conseillers. Nous voulions revenir sur les défis d’accompagner un jeune aujourd’hui par rapport à sa vision des choses, ses attentes et ses perceptions. Et par rapport aux difficultés qu’il peut rencontrer quand il veut s’insérer professionnellement.

Allez-vous poursuivre cette démarche et si oui, de quelle façon ?

Ces actes voir la plaquette sont donc le résultat écrit des groupes de parole. Ils sont précurseurs d’autres actions qui vont être mises en œuvre en 2015.

Les participants accompagnants ont émis le souhait de pouvoir continuer à aller vers des temps de parole tout en se référant à l’éducation populaire. Les jeunes, de leur côté, ont exprimé le besoin d’être écoutés et entendus.

Quels sont les objectifs attendus ?

A terme, les groupes de parole sont très riches et nous souhaitons nous saisir de ce qui se dit pour faire des préconisations en direction des institutionnels. L’idée est de pouvoir débloquer certaines situations, d’influencer certaines décisions qui concernent le territoire.

Par exemple, on devrait pouvoir aller vers des institutionnels pour parler de mobilité. Certains territoires sont dépourvus de transports en commun : comment aller tenir un poste en 2/8 ou en 3/8 dans une ville qui est à 50 km du lieu d’habitation du jeune ? C’est très compliqué si on ne développe pas le réseau des transports en commun.

Et c’est un exemple parmi tant d’autres !