MOREA/Service Civique : une formule pour prévenir le décrochage scolaire

Du côté des Missions Locales |

Elodie Méline est chargée de communication à la Mission Locale des Bords de Marne depuis bientôt 9 ans. Elle est également en charge du tutorat des jeunes volontaires en Service Civique accueillis au sein de la structure ou chez les associations partenaires. Elle revient sur l’accompagnement spécifique développé dans le département du Val-de-Marne, la formule MOREA (Module de représentation à l'examen par alternance, pour prévenir le décrochage scolaire) étant adossée au Service Civique.

Le MOREA : Module de représentation à l'examen par alternance est un dispositif d’aide à l’insertion mis en place dans chaque académie par l’Education nationale.

Il s’adresse à des jeunes ayant échoué 2 fois à l’examen du baccalauréat et désireux de le préparer de nouveau selon une organisation pédagogique différente, tout en restant scolarisés en formation initiale. Il dépend de la Mission de Lutte contre le Décrochage Scolaire (MLDS). Pour en savoir plus : Textes de référence - Bénéfice de la conservation des notes

Pourriez-vous revenir sur le MOREA dans le Val-de-Marne ?

Dans le département du Val-de-Marne, le lycée Edouard Branly de Nogent-sur-Marne a proposé en 2013 la formule MOREA adossée au Service Civique. C’était une grande première et la Mission Locale des Bords de Marne a été porteuse de ce projet, avec un fort engagement de son directeur, Moncef Jendoubi. En 2014, il y avait dix jeunes dont j’étais la référente. J’en accueillais deux au sein de la structure et les huit autres étaient mis à disposition des structures partenaires.

Le dernier volontaire en date, Andréa P. (lire l’interview à paraitre dans un prochain Info Hebdo), a effectué une mission de 6 mois, du 1er janvier au 30 juin 2015. Il était toujours scolarisé dans un établissement et repassait son bac. Nous l’avons accompagné dans le cadre d’un MOREA : le jeune est deux jours à l’école et 3 jours dans une association comme volontaire en Service Civique.

Comment définiriez-vous sa mission ?

Andréa repassait son Bac littéraire pour la troisième fois. Il est très intéressé par l’écriture, la culture et l’art. Sa mission de Service Civique était tournée vers la valorisation, auprès des jeunes, des activités liées à la culture et aux loisirs développées par la Mission Locale et ses partenaires.

L’objectif est de sensibiliser les jeunes à ces activités tout en leur faisant comprendre que ça leur permettrait de les faire avancer dans leurs parcours d’insertion à la fois social et professionnel. C’est souvent un volet qui est complétement délaissé par les jeunes qui viennent en Mission Locale parce que, quand ils franchissent la porte de notre structure, ils veulent une formation ou un travail immédiat pour répondre à des besoins financiers urgents : le volet loisir et culture n’est pas leur priorité.

Toutefois, on peut remarquer au quotidien que rechercher un emploi ou trouver un contrat en alternance, c’est un travail à plein temps, qui peut générer des déceptions. A un moment donné, il y a une certaine forme d’usure et de découragement qui se fait ressentir auprès des jeunes, ce qui est normal. Le volet culturel et sportif est important pour « rebooster » le jeune dans sa recherche d’insertion.

Dans sa mission, Andréa a pu faire le lien entre ses passions et les jeunes de la Mission Locale. Cela nous a permis de valoriser des actions de partenaires qui travaillent avec nous sur ces thématiques, et qui ne sont pas souvent valorisées, comme l’association « Culture du cœur » basée à Boissy-Saint-Léger par exemple.

Quel accompagnement avez-vous mis en place pour les jeunes volontaires en Service Civique dans le cadre d’un MOREA ?

Il ne faut pas oublier que ce sont des lycéens. Ils n’ont pour la plupart jamais travaillé et ils découvrent pour la première fois le monde de l’entreprise. Il faut souvent travailler sur les postures puisque le comportement adopté au lycée n’est pas forcément adapté au milieu de l’entreprise. Je fais des points très régulièrement, parfois quotidiens en fin de journée.

Qu’apporte ce dispositif MOREA selon vous, lorsqu’il se trouve complété par une mission de Service Civique ?

C’est vraiment un dispositif qui est valorisant pour les jeunes qui vivent, jusque là, des situations d’échec.

Le fait de mener une mission de Service Civique leur permet de se confronter au monde de l’entreprise tel qu’il est et d’avoir un tutorat renforcé. Cela leur fait prendre du recul et cela leur ouvre d’autres perspectives.

Voir les coordonnées de la Mission Locale des bords de Marne