Meryem : Comment j’ai (peut-être) trouvé mon orientation professionnelle

Du côté des Missions Locales |

Meryem est actuellement en ateliers Orientations à la Mission Locale Nord Essonne. Sur le Blog Zep (Zone d'expression prioritaire), dont l'institut Bertrand Schwartz est partenaire, elle parle du moment, délicat, de son arrivée dans ce groupe et de cette force qu'elle y puise si vite. La preuve, avec cet article !

À 18 ans, le lycée, c’est fini.

Après le bac, je me suis orientée – au hasard, par dépit – en fac de droit. Mais ce n’était pas pour moi. Il m’aura fallu deux années de galère avant de saturer et de m’avouer que je n’y étais pas à ma place. La pression des parents, celle qu’on s’impose à soi-même, la peur de l’inconnu, l’ignorance de soi… Toutes ces choses ont joué dans mon indécision, mon incapacité à mettre fin plus tôt à l’imposture.

Quel métier ?

Une pensée que j’avais longtemps tuée a alors refait surface, et ne cesse depuis de me torturer : « Pour quel métier suis-je réellement faite ? »

Après ma L2, j’ai enduré six mois de passivité, puis six autres à me confronter à la dure réalité du monde du travail. CV trop vide ou trop rempli, peu d’expériences ou beaucoup trop, discrimination, compétitivité, incompréhension, piston.

Et ces refus. Ces lettres froides, hypocrites, qui vous remercient et vous prient cordialement de ne plus importuner l’entreprise ; ces autres qui ne vous sont jamais envoyées.

J’ai parfois été tentée de lâcher prise et de garder la tête sous l’eau. Mais mon obstination m’a finalement fait persévérer.

Premier rendez-vous : l’envie de fuir

Le hasard s’est encore une fois présenté. Je me suis inscrite à la Mission Locale de ma ville, avec l’espoir de, peut-être, trouver les réponses à mes questions, de recevoir de l’aide pour trouver une voie, une formation… n’importe quoi.

Dès le premier rendez-vous, j’ai voulu fuir. Prendre mes jambes à mon coup. Installée bien devant, à la vue de tous, j’ai cherché pendant une bonne dizaine de minutes le moyen de me faufiler en toute discrétion hors de la salle.

L’« atelier orientation » a, comme son nom l’indique, pour but de nous aider à définir un objectif et à l’atteindre. Cette première heure n’était qu’une petite introduction durant laquelle nous devions tous nous présenter, un à un.

J’ai vu les autres participants arriver un à un, tous semblaient aussi dépités et égarés que moi. Et au bout de la vingtième minute une fille a pris la parole, en réponse à la conversation qui se tenait et à laquelle je n’avais pas été attentive.

Et si j’avais trouvé ma place, ici ?

Ses mots m’ont tout de suite interpellée car ils semblaient sortir de moi. J’ai eu soudain l’impression de m’entendre parler.

L’indécision, l’égarement, la révolte, la dévoraient elle aussi, et tous les autres présents. J’ai ensuite pensé, l’espace d’un instant, que peut-être… peut-être bien que j’étais à ma place ici.

Alors je n’ai pas fui, je n’ai pas pris mes jambes à mon cou, mais je suis simplement devenue attentive à ce que ces gens avaient à dire, ces gens qui exprimaient parfaitement ce que je ressens.

Je reste aujourd’hui, présente, avec l’espoir que, peut-être, je sortirais de cette expérience moins déroutée, avec un projet professionnel concret.

"Nous, jeunes de Grigny, refusons les préjugés"

A lire également sur le Blog Zep, les nombreux écrits de jeunes parus suite aux événements des 7,8 et 9 janvier 2015.