Le « COM apprentissage » : un travail partenarial qui porte ses fruits

Du côté des Missions Locales |

La Mission Locale d’Aurillac anime depuis 2006 des actions en faveur de l’apprentissage au travers du « COM apprentissage » (contrat d’objectifs et de moyens d'une durée de trois ans), signé avec les partenaires du territoire. Plébiscité pour ses résultats positifs, le « COM apprentissage » est renouvelé par le Conseil régional pour 2015. Daniel Coubetergue, directeur de la Mission Locale, revient sur la mise en œuvre de ces actions et insiste sur la nécessité, partagée par tous les partenaires, de continuer ce travail de terrain qui porte ses fruits chaque année.

Pourriez-vous nous décrire le fonctionnement du « COM apprentissage » ?

Le « Com apprentissage » existe depuis 2006. Il y a, d’une part, un cofinancement Etat-Conseil régional d’Auvergne en direction des interconsulaires. De l’autre, un cofinancement Etat-Missions Locales d’Auvergne. C’est dans ce cadre que la Mission Locale d’Aurillac s’est impliquée. Nous avons des objectifs fixés par cette convention.

Dès le départ, le partenariat s’est mis correctement en œuvre sur le territoire. Tous les partenaires – en lien avec la Mission Locale qui anime le partenariat – ont joué le jeu : les trois chambres consulaires, les trois centres de formation d’apprentis, le CIO, Pôle emploi et la Direccte. Toutes les offres d’emploi concernant l’apprentissage sur le territoire ont été données à Pôle emploi et à la Mission Locale de l’arrondissement d’Aurillac. Dès que nous avons une offre, nous pouvons croiser nos fichiers. Cela nous a tout de suite permis d’être l’interface entre le public jeune et les artisans du territoire.

Les trois chambres consulaires nous orientent tous les jeunes intéressés pour la signature d’un contrat d’apprentissage. C’est un élément intéressant : dès qu’un jeune se rapproche d’une des chambres, il prend connaissance de l’offre de services « Apprentissage » de la Mission Locale. Elles orientent alors le jeune vers la Mission Locale.

Un constat : le public est clairement celui accompagné par la Mission Locale. Une grosse majorité a de 16 à 18 ans, quelques uns sont âgés de 19 ans et plus.

Nous couvrons les secteurs d’activité suivants : le BTP, le commerce, l’hôtellerie restauration, l’agriculture, le transport, la logistique, le service d’aide à la personne.

Comment vous êtes-vous organisés en interne ?

150 jeunes par an émettent le souhait d’aller vers l’apprentissage. Nous avons dédié une conseillère au sein de la Mission Locale, Joëlle Constant, qui est maintenant en poste depuis 10 ans. Elle est en charge de l’accompagnement des jeunes, de la relation avec les partenaires et les artisans. Cette personne est réellement identifiée sur le territoire. Elle est connue de tous les partenaires, son nom est écrit sur tous les documents remis.

En 2013, nous avons positionné 73 jeunes sur les 154 (apprentissage ou autres contrats) qui avaient émis le souhait de rentrer en apprentissage. Nous travaillons aussi beaucoup le retour en formation initiale (sur les 154 jeunes, 27 sont retournés au lycée) et sur les entrées en formation qualifiante.

L’accompagnement effectué par la conseillère permet donc de donner d’autres réponses à un temps T du parcours du jeune.

Comment se passe l’accompagnement des jeunes ?

Les jeunes sont la plupart du temps mineurs. Joëlle Constant rencontre donc également les parents, y compris lors de la signature des contrats avec les artisans.

Nous organisons des entretiens autant que nécessaire. C’est un des accompagnements les plus renforcés existant dans la Mission Locale.

Comment suivez-vous les jeunes qui rompent leur contrat d’apprentissage ?

On agit très tôt, dès que nous avons connaissance de la rupture.

C’est la même conseillère dédiée qui suit les jeunes en apprentissage en situation de rupture de contrat.

Une information importante : nous avons constaté que si les jeunes sont accompagnés par la Mission Locale, le taux de rupture est nettement inférieur (que s’ils ne le sont pas).

Nous regardons régulièrement la liste des jeunes accompagnés par la Mission Locale et s’il y a, ou pas, rupture. Dans le même temps, l’Unité territoriale de la DIRECCTE du Cantal nous adresse la liste de toutes les ruptures de contrat par année civile. Qu’on connaisse ou pas le jeune, nous lui proposons un travail d’accompagnement suite à la rupture de ce contrat. Nous le contactons directement par téléphone et par courrier postal. Il faut noter que les jeunes répondent positivement à cette démarche. Parfois, ce sont les parents qui nous demandent cet accompagnement.

Les résultats sont positifs. 6 mois après la rupture constatée, 66 % des jeunes accompagnés se retrouvent en emploi ou en formation qualifiante.

Ceci est dû à ce partenariat très fort et à de bonnes relations des techniciens entre eux. Par exemple, Joëlle Constant appelle régulièrement un proviseur, un professeur, la direction ou un technicien d’un centre de formation des apprentis, et ça, c’est une plus-value indéniable.