«C’est un travail mené ensemble, avec une grande qualité d’écoute» (Amilor au sujet du Service Militaire Volontaire)

Du côté des Missions Locales |

Alors que le Président de la République vient d'inaugurer le Centre du Service Militaire Volontaire de Lorraine, le réseau des Missions Locales de la région et les cadres militaires se félicitent du succès de ce nouveau dispositif d’accompagnement, résultat de la qualité du partenariat basé sur une reconnaissance partagée des compétences. Ainsi, le rôle prépondérant des Missions Locales dans le recrutement est fortement reconnu : 86% des candidatures ont été initiées par les Missions Locales (75% des volontaires retenus au final). Rencontre avec Véronique Genet, animatrice régionale d’Amilor.

En bref
Le réseau des Missions Locales et le ministère de la Défense se sont rapprochés à l'initiative de l'UNML pour faire connaitre aux jeunes le Service militaire volontaire, qui propose aux jeunes un parcours d’insertion vers l’emploi, de 6 à 12 mois, avec une compensation financière à hauteur de 313 euros par mois, au sein d’unités militaires spécifiques. Ils sont accueillis à partir d'octobre 2015 dans un des trois nouveaux centres en France métropolitaine, dont Montigny-les-Metz.
Lire également l'article paru dans l'Info hebdo du 21 juillet 2015 : Service militaire volontaire : les premiers jeunes seront accueillis en octobre 2015

Comment qualifieriez-vous le partenariat ?

Il fonctionne vraiment très bien. Le travail avec le réseau des Missions Locales est valorisé et les militaires en charge du Service Militaire Volontaire (SMV) reconnaissent le professionnalisme des Missions Locales. Nous avons mis en place un process avec eux et près de 90% des candidatures ont été initiées par les Missions Locales. C’est un travail mené ensemble, avec une grande qualité d’écoute.

Comment travaillez-vous ensemble ?

Courant août, nous avons fait en sorte que les militaires puissent intervenir au sein des Missions Locales au cours des réunions d’informations collectives. Les jeunes ont donc pu accéder à l’information directement, expliquée par les militaires, et cela dans quasi toutes les Missions Locales de la région. Devant l’engouement du public, les Missions Locales se sont emparées du sujet au fur et à mesure. Il y a eu plus de 260 dossiers de candidatures remontées en trois semaines.

Les militaires nous ont vraiment fait confiance en reconnaissant nos compétences en terme d’accompagnement des jeunes : sur nos conseils, ils ont d’ailleurs très peu communiqué directement, avec des mailings par exemple, mais essentiellement par le biais de notre réseau.

On a travaillé ensemble sur un process de prescription incluant une fiche que les Missions Locales envoyaient avec des informations sur le parcours du jeune, utiles pour les militaires qui prennent ensuite le relais avec le jeune. Les militaires ont été très clairs en nous disant de leur envoyer des jeunes si les conseillers pensaient que cela pouvait être utile pour eux . Un grand nombre de jeunes incorporés n'ont pas de projet professionnel clairement défini.

Une première incorporation a eu lieu le 15 octobre et un petit groupe le 22. Il y a seulement 4% de défection depuis le 15 octobre alors que le taux est de 20% dans un recrutement classique de l’armée. Ils sont tous partis en permission… et ils sont tous revenus !

Une fois les jeunes incorporés, continuez-vous à avoir des contacts avec les militaires qui les suivent ?

Oui. Le lieutenant colonel Dugast, le cadre référent, m’appelle régulièrement pour parler des jeunes. Les militaires découvrent un public confronté à des difficultés sociales importantes qui a besoin de soutien. Ce qui me frappe le plus, c’est le regard extrêmement bienveillant que ces cadres militaires portent sur les jeunes.

Nos compétences sont complémentaires : nous les accompagnons dans la mobilisation des solutions qui existent déjà, relatives par exemple à la mobilisation de la formation ou à l’accès au droit commun. Et nous allons ouvrir des partenariats déjà existants.

Comment s’est passée l’inauguration du centre SMV de Montigny-les-Metz par François Hollande ?

C’était très impressionnant de voir ces jeunes vraiment motivés, souriants et fiers. Les militaires ont formellement reconnu le rôle des Missions Locales dans leurs prises de paroles auprès du Président de la République et de la ministre du Travail, Myriam El Khomri. Cela faisait vraiment plaisir !