Mission Locale et ETT : se présenter « en réel » face à des employeurs potentiels

Du côté des Missions Locales |

Des Missions Locales ont engagé des relations partenariales avec les entreprises de travail temporaire de leur territoire. Illustration avec Chantal Merlin, directrice pôle développement de la Mission Locale du pays Messin, qui revient sur les pratiques existantes.

Une question préalable : comment l’équipe de la Mission Locale est-elle organisée ?

La Mission Locale du pays Messin existe depuis début janvier 2014. Il y avait jusque là trois Missions Locales sur ce territoire. C’est donc une structure toute récente.

Chaque conseiller suit un secteur professionnel dédié et les formations qui s’y rattachent. Il démarche des entreprises pour faire connaitre l’offre de service de la Mission Locale.

Un conseiller a créé une relation privilégiée avec les agences d’intérim. Il est en contact avec les jeunes qui souhaitent avoir une première expérience professionnelle en intérim ou poursuivre leur recherche d’emploi dans ce secteur. Cette personne va vers les agences d’intérim pour faire connaitre la Mission Locale, organise des rencontres entre jeunes accompagnés par la Mission Locale et agences d’intérim, au sein de ces entreprises.

L’année dernière par exemple, nous avons accompagné des jeunes assez éloignés de l’emploi ou encore des jeunes qui n’osaient pas franchir la porte des agences d’intérim. Une fois la porte passée, on leur a expliqué le fonctionnement global, montré les dossiers à remplir, demandé de passer le matin et de téléphoner… La plus value de l’accompagnement pour le jeune est aussi là : se présenter « en réel » face à des employeurs potentiels.

Comment les jeunes peuvent-ils « se positionner » sur cet accompagnement et comment sont-ils accompagnés ?

L’ensemble des conseillers connait l’offre de service de la Mission Locale. La possibilité d’aller dans les entreprises de travail temporaire en fait partie.

Le conseiller « spécialisé » accompagne des jeunes déjà intéressés par la démarche. Et les autres conseillers proposent à des jeunes plus éloignés de l’emploi de rejoindre cette action.

Le conseiller donne rendez-vous au jeune directement sur place. S’il ne connait pas l’endroit ou s’il a des difficultés pour s’y rendre, nous lui donnons rendez-vous dans un lieu d’accueil et nous l’accompagnons.

Nous proposons également aux salariés des agences de travail temporaire de venir dans notre structure rencontrer des jeunes en collectif pour leur expliquer le fonctionnement de l’intérim et pour présenter des offres d’emploi. Les jeunes qui candidatent passent ensuite un entretien individuel dans nos locaux.

Pouvez-vous nous donner des exemples de partenariat privilégié ?

A Metz, nous avons un partenariat privilégié avec des plateformes téléphoniques, qui ont des besoins de recrutement assez importants et des contrats de professionnalisation à la suite. Nous nous rencontrons très régulièrement (tous les deux mois). Les salariés de l’agence viennent dans nos locaux et rencontrent les jeunes intéressés. Des tests et des entretiens sont organisés. Quel que soit le résultat – embauche ou pas - nous avons toujours un retour qualitatif. C’est une exigence de notre part parce que nous pouvons alors retravailler avec les jeunes sur ce qui n’a pas ou pas bien fonctionné.

Ces partenariats permettent de faire connaitre aux agences d’intérim les jeunes que nous accompagnons. Et à un moment donné, elles font appel à nos services et nous envoient également des offres par email. Il est primordial de bien informer les jeunes : parce que, pour ce type d’emploi, l’annonce parait le jour pour le lendemain. Il faut être très réactif. L’ensemble des jeunes intéressés a signé une attestation comme quoi ils nous autorisaient à diffuser leurs CV auprès des employeurs. C’est une des conditions pour que la rencontre ou une mise en relation puisse être faite.

Nous travaillons également avec deux agences d’intérim d’insertion. Dans ce cas de figure, il y a des clauses sociales, pour lesquelles les jeunes ont un agrément de deux ans par l’agence interim d’insertion. Une conseillère est dédiée à ce dispositif et nous faisons un point trimestriel sur les jeunes qui y travaillent ou pas.