Mission Locale Sud Deux-Sèvres : « Nous étions maintenant en face de jeunes professionnels »

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La Mission Locale Sud Deux-Sèvres a mis en place, dans le cadre d’un partenariat mené avec l’Uriopss, l’Unifaf et Pôle Emploi, un accompagnement spécifique des jeunes désirant intégrer des EHPAD et se former pour devenir aide-soignant, avant même la signature des contrats Emplois d’avenir. Rencontre avec Véronique Charles-Juste, coordinatrice emploi à la Mission Locale.

Pouvez-vous revenir sur la genèse du projet. Comment avez-vous identifié les besoins ? Quelle était la nature des partenariats ?

La première démarche a été réalisée par l’Uriopss, qui a fait remonter les besoins en terme d’emplois. Des projets de formation sur le dispositif Emploi d’avenir avaient déjà été montés par l’Uriopss avec la Mission Locale de Poitiers.

L’Uriopss nous a ensuite sollicités sur le même type de démarche. La rencontre a eu lieu en novembre 2013, avec les employeurs, au départ un peu frileux au sujet des « publics Mission Locale ». Ils se posaient beaucoup de questions sur notre structure et la façon dont on allait travailler avec les jeunes, comment on allait les repérer, les préparer, etc.

Or, nous avions déjà de l’expérience en recrutement des jeunes en Emplois d’avenir en maison de retraite. Nous avions constaté qu’il y avait beaucoup de ruptures de contrat dans ce secteur. A ce jour, nous comptons 47 ruptures sur 347 contrats et 62% de ces ruptures concernent le médico-social. Nous avons donc mesuré leurs besoins et nous avons pu exprimer nos interrogations sur l’intégration des jeunes dans ces structures. On a confronté nos idées et, après échange, est né le « parcours de sécurisation ».

Comment s’est déroulé le « parcours de sécurisation », le travail d’accompagnement des jeunes vers l’emploi ?

Ce qui fait l’intérêt du projet, c’est que les jeunes vont être préparées au métier d’aide-soignant. Il fallait donc des jeunes qui soient vraiment intéressées. Il y a normalement un concours à passer pour obtenir ce diplôme.

Les jeunes femmes repérées avaient soit déjà mûri leur projet, soit mené une expérience sur le terrain, dans le secteur médico-social. Certaines avaient le désir d’aller vers ce métier, sans vraiment d’expérience.

Nous avons commencé par une information collective (16 jeunes) qui a eu lieu en mars. Etaient présentes plusieurs EPHAD qui ont présenté leurs structures et qui ont longuement échangé avec les jeunes. Les jeunes ont aussi eu une information sur le parcours qui allait les attendre sur 3 ans. Elles allaient tout d’abord être embauchées sur des postes d’agents de service pour progresser ensuite vers le métier d’aide soignant.

Les jeunes ont été reçues par les employeurs en entretien individuel tout de suite après cette réunion. Chaque employeur s’était engagé à les recevoir en stage quand l’entretien s’était avéré positif.

Pôle Emploi a été sollicité et a mis en place les évaluations préalables à l’embauche en vue de proposer aux jeunes une POE (préparation opérationnelle à l’emploi). Ils étaient ainsi préparés avant la prise de poste et cela permettait aussi de vérifier que les jeunes étaient bien prêtes à aller travailler dans ce secteur d’activité.

Ce qui a été intéressant, c’est l’évolution de ces jeunes avant l’embauche en Emplois d’avenir. Au début de l’information collective, les jeunes étaient inquiètes, anxieuses. A l’issue de la POE, nous étions en face de jeunes professionnelles. La posture avait radicalement changé… en 3 mois de temps.

Les employeurs ont privilégié la qualité de l’accueil des jeunes. Par exemple, un employeur a reçu 6 jeunes en stage : les immersions se sont échelonnées dans le temps pour permettre le meilleur accueil possible.

Le parcours de formation est qualifié d’expérimental et innovant. Qu’entendez-vous par cela ?

C’est a priori la seule expérimentation de ce type menée sur le territoire français, avec ce type de montage et de partenariat. Notamment avec la partie consacrée à la sécurisation, où les employeurs ont vraiment été très actifs, avant la signature des contrats en Emploi d’avenir.

La « formation Emploi d’avenir » à proprement parler débute en octobre. Les jeunes n’auront pas à passer le concours. Elles suivent une première phase de formation qui est la mention complémentaire d’aide à domicile ; elles vont alors valider 4 modules du diplôme d’Etat d’aide-soignant. Elles vont ensuite suivre la formation d’aide-soignante entre novembre 2015 et juin 2016 et elles termineront leur parcours de formation de 4 modules pour obtenir leur diplôme.