Mission Locale de Brive : témoignages de deux jeunes volontaires Teddy et Gaétan

Du côté des Missions Locales |

La Mission Locale de Brive a été en 2012 particulièrement active sur le Service Civique. De nombreux jeunes ont trouvé grâce à ce dispositif une solution concrète pour développer des projets à vocation citoyenne ou environnementale. C'est une véritable ouverture sur le monde du travail pour qui aime être acteur de son parcours, comme en témoignent deux jeunes accompagnés par la Mission Locale de Brive: Teddy et Gaétan.

Teddy : "On reprend confiance en soi et en les autres"

Il y a encore un an, Teddy, 23 ans, était de ceux que l'on appelle dans le milieu éducatif un "décrocheur . Il a grandi dans un quartier populaire de Brive et a quitté l’école à 17 ans en ayant raté son CAP Plomberie. Suivront deux années sans expériences professionnelles significatives, "juste quelques missions d’intérim d’une semaine maximum", puis une tentative avortée de formation d'éducateur sportif, et de nouveau un an à ne pas faire grand chose. "Système D. J'ai multiplié les petits boulots dans un peu tout et n’importe quoi. J'étais un peu dégoûté. Je tenais les murs de mon quartier.

" C'est là que sa conseillère l'informe sur le Service Civique. "Je suis allé à une réunion d'information, je n'avais rien à perdre". Et même tout à gagner, s'enthousiasme-t-il aujourd'hui. De mars à novembre, il fait du porte à porte chez des familles défavorisées pour leur apprendre comment alléger leurs dépenses en se convertissant aux écogestes. Il intervient aussi dans les écoles. Trois jours par semaine, indemnisés 573 euros par mois, soit l’indemnité du volontaire. Ça lui va. "Ce que je fais, c'est pas un emploi, c'est vraiment du volontariat. C'est bien à un moment de sa vie. Faut accepter de gagner peu, de donner de soi." Il ne regrette pas une seconde. "Au final, ça m'a beaucoup apporté. J'ai trouvé une place dans la société. On reprend confiance en soi et en les autres." L'expérience l'a changé. "Mes potes me disent que je parle mieux, que je m'affirme. Je me suis rendu compte qu'en fait, j'ai des capacités." Il retient aussi le brassage social permis par le Service Civique, et dont il a pu notamment se rendre compte lors des journées de formation citoyenne dispensées au cours de sa mission "Beaucoup de jeunes ont l'impression que la société les a lâchés, qu'ils sont coincés. Là, c'est un bon moyen de se mélanger. Moi qui suis bac - 2, j’ai côtoyé lors des rassemblements des bac + 4 et plus. Même lors de mon volontariat, je travaille régulièrement avec des ingénieurs. Ça fait progresser, c'est comme si j'étais devenu bac + 2 dans ma tête." Inversement, "ça montre aux gens que les jeunes des quartiers ne sont pas tous des brûleurs de voiture." Regonflé à bloc, Teddy a quelques idées pour la suite. "J'aimerais reprendre ma formation d'éducateur, grâce à la validation d'expérience."

Gaétan : "J'ai découvert un autre milieu"

Il y a un an, Gaétan achevait sa formation d’animateur en technologies de l’information et de la communication avec l’AFPA. Diplôme en poche, il se met en quête d’un emploi. "On me reprochait mon manque d’expérience lors de chaque entretien, et on me mettait la pression en me disant que si je ne rebondissais pas très très vite, ma qualification allait rapidement devenir obsolète." Il prospecte alors sur Internet et découvre le service civique. A 24 ans, le voilà donc engagé dans une mission au sein de la Mission Locale. 30 heures par semaine, il découvre l'accompagnement à la vie sociale, l'animation et travaille à un projet d'échange avec des jeunes connaissant les mêmes problématiques que lui… Exactement ce qu'il recherchait. "Je n'ai jamais regretté mon choix. J'apprends énormément, sur moimême, sur les autres. J'ai découvert un autre milieu, beaucoup plus humain. Et en même temps comme je ne suis pas salarié je garde une grande liberté, que le personnel respecte en prenant en compte mes besoins."

Seule déception: que le dispositif ne soit pas compatible ni avec l’Allocation de Retour vers l’Emploi ni avec le RSA. "570 euros, quand on a un loyer à payer, c'est compliqué, même avec les APL (aide au logement). C'est un vrai choix de vie. Heureusement ma structure d’accueil m’a aidé dans mes frais de déplacements, mais tous ne font pas ce geste." A la fin de sa mission, il a immédiatement rebondi. "Mes contacts quotidiens avec un jeune public m'ont permis de prendre confiance en moi et de vaincre, au moins partiellement, ma timidité. L’empathie et les compétences que j’ai développées en informatique m’ont permis de décrocher un CDI de téléconseiller dès la fin de ma mission."