Une conviction : le numérique peut être un levier pour les jeunes peu diplômés

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La plateforme numérique pour les jeunes en insertion sera déployée en octobre 2015 par Emmaüs Connect, dont l’UNML est partenaire. L’étude préalable à la création de cet outil s’est déroulée au sein de quatre Missions Locales, Lille, Pévèle Mélantois Carembault, Grenoble et Alpes Sud Isère. Elle a été rendue publique le 3 juin dernier au Ministère du Travail (photo).

Photographie : Les représentants des partenaires, dont Martin David-Brochen, président de la Mission Locale de Lille et Emmanuelle Wargon, DGEFP.

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La publication de l'étude est l’occasion de rencontrer Cécilia Germain Creuzet, directrice du développement et Yves-Marie Davenel, anthropologue et chargé d’études au sein de l’association.

Quelles sont les raisons qui vous ont conduit à lancer l’étude ?

Cécilia Germain Creuzet : Emmaüs Connect accueille des personnes rencontrant des difficultés pour les accompagner dans le champ du numérique. Nous avons constaté que ces personnes, et surtout les jeunes, avaient une vraie appétence pour le numérique même si elles rencontraient des difficultés.

Nous avons eu assez rapidement la conviction que le numérique pouvait être un levier pour eux et en particulier pour les jeunes peu diplômés. Mais il fallait valider cette idée, c’est la raison pour laquelle nous avons décidé de mener une étude anthropologique pour aller plus avant dans le projet.

Comment l’étude s’est-elle mise en place ?

Cécilia Germain Creuzet : Tout d’abord, sur le choix des territoires : ils se sont imposés assez vite parce que ce sont des territoires dans lesquels Emmaüs Connect est déjà implanté. Les dirigeants de ces structures ont adhéré rapidement au projet, ce qui fait que nous avons pu commencer à travailler assez vite. Depuis nous continuons à travailler avec ces structures dans la conception du projet.

Yves-Marie Davenel : Les directeurs ont tout mis en œuvre pour que l’étude se passe au mieux. Ils ont tout d’abord organisé des sessions de travail pour présenter l’étude à l’ensemble de leurs collaborateurs et ont ensuite facilité la prise de contact et la prise de rendez-vous.

Dans le cadre d’une immersion de plusieurs semaines en Mission Locale, j’ai pu mener des entretiens individuels avec les conseillers et des jeunes qui duraient en général plus d’une heure : nous avions besoin de comprendre quel était leur métier au quotidien, leurs usages et leurs pratiques professionnelles notamment dans le cadre du numérique, ainsi que le fonctionnement d’une Mission Locale.

Le contact avec les conseillers était à la fois très agréable et très intéressant, la plupart étaient très investis, soit parce qu’eux-mêmes avaient développé des compétences pour le numérique, soit parce qu’ils étaient curieux de l’objet même de l’étude.

J’ai ainsi rencontré 23 conseillers et 32 jeunes, toujours dans un cadre d’entretien individuel.

Nous avons également élaboré un questionnaire pour lequel nous avons reçu 275 réponses. Ces réponses ont permis de dresser un panorama de l’équipement et de l’usage du numérique des jeunes de ces Missions Locales.

Pourriez-vous revenir sur les principales conclusions de l’étude ?

Yves-Marie Davenel : Un premier constat : les jeunes répondants sont moins équipés que la moyenne nationale des jeunes (ordinateurs personnels, smartphones). Et un deuxième constat : nous avons relevé des difficultés de transfert des compétences acquises dans leur sphère personnelle vers des compétences professionnelles. Si les jeunes savent utiliser Facebook, ils ne savent pas forcément faire correctement une recherche d’emploi via un moteur de recherche sur un site spécialisé.

Photographie : Julien Bottriaux