Note d'analyse : Lutter contre l'illettrisme, un impératif économique et social

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En 2011, sur le territoire métropolitain, 2,5 millions de personnes entre 18 et 65 ans ayant été scolarisées en France sont en situation d’illettrisme. Cette note de France Stratégie propose un objectif de résorption de ces situations à travers différentes actions.

En 2011, sur le territoire métropolitain, 2,5 millions de personnes entre 18 et 65 ans ayant été scolarisées en France, soit 7 % de la population, sont en situation d’illettrisme. Au-delà de ce noyau, 22 % des adultes âgés de 16 à 65 ans ont un faible niveau de compétence dans le domaine de l’écrit et 28 % dans le domaine des chiffres, selon l’enquête PIAAC de l’OCDE, publiée en 2013. De manière générale, le niveau moyen des adultes français en lecture et en calcul est parmi les plus faibles des pays de l’OCDE. La part des adultes dotés d’un niveau faible de maîtrise des compétences en lecture est en France quatre fois plus élevée qu’au Japon et deux fois plus qu’en Finlande.

Ce constat sévère est préoccupant. Enjeu d’égalité et de cohésion sociale, la maîtrise des compétences de base est aussi un enjeu économique national. En plus d’accroître l’accès au marché du travail, la maîtrise de ces compétences favorise également la santé et l’engagement citoyen. Et à l’heure du numérique, elle est un levier crucial de développement économique.

Dans le prolongement du rapport Quelle France dans 10 ans ?, publié en 2014 par France Stratégie, cette Note d’analyse fixe un objectif ambitieux de réduction de la part des adultes en situation d’illettrisme : diviser par deux cette proportion d’ici à dix ans. Cela passe par l’affirmation d’un droit pour chaque individu à un socle minimum de compétences de base, et par un ensemble d’actions de prévention et d’accompagnement.

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Une augmentation des financements dévolus à la lutte contre l’illettrisme, de l’ordre de 30 % des sommes aujourd’hui engagées, permettrait d’atteindre un objectif ambitieux de réduction par deux du taux d’illettrisme d’ici à 2025.

Cette augmentation d’environ 50 millions d’euros par an, n’implique pas nécessairement une dépense budgétaire supplémentaire ; elle pourra être principalement couverte par les fonds mutualisés de la formation professionnelle, notamment via le financement dédié au compte personnel de formation. Cette évolution peut sembler modeste au vu de son coût. Elle est pourtant ambitieuse et devrait être considérée comme une priorité au regard des effets escomptés sur la société française. Il ne s’agit pas que de ressources financières. Au-delà, un ensemble de mesures de détection, de suivi et de formation tout au long de la vie doivent être mises en place et/ou renforcées pour parvenir à cet objectif.

Auteurs : Quentin Delpech, France Stratégie et Nicolas Charles, maître de conférence en sociologie, université de Bordeaux