EPIDE : Le premier critère, c’est celui de la motivation

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A l’heure où le Président de la République a annoncé la création de 600 places supplémentaires dès 2015 dans les centres EPIDE et la création de 2 centres supplémentaires en 2016 dans le sud de la France, Nathalie Hanet, sa directrice générale revient sur les fondamentaux de l’accompagnement des jeunes volontaires.

Quel est le type de public accueilli dans les centres EPIDE ?

Nous accueillons des jeunes de 18 à 25 ans qui sont peu ou pas qualifiés. 60% des volontaires sont sans qualification.

Sur quels critères les jeunes sont-ils admis ?

Le premier critère, c’est celui de la motivation. Le parcours d’un volontaire dure en moyenne 9 mois : rentrer dans un centre EPIDE, c’est accepter de passer un certain nombre de mois de son existence selon un rythme soutenu et dans des conditions de vie spécifiques : être en internat du lundi au vendredi, partager sa chambre et porter un uniforme notamment.

Pendant leur parcours, les jeunes travaillent dans deux directions : d’un côté, améliorer leur savoir-être, leur confiance en eux et devenir des citoyens responsables, et de l’autre, élaborer son projet professionnel et le mettre en œuvre. C’est la finalité ultime du parcours en centre EPIDE.

C’est à la fois une vie collective et un cadre très structurant. Ils sont actifs du matin au soir, sont sollicités sans cesse, au travers des différentes sessions de cours, les temps d’entretien individuel, la participation à la vie collective, la prise en charge de leur propre espace de vie.

Comment sont organisées les sessions de recrutement ?

Elles sont préparées par un agent chargé de recrutement dans chaque centre. C’est lui qui est notamment en contact avec les Missions Locales, Pôle emploi et d’autres partenaires pour apporter l’information vers les jeunes susceptibles d’être intéressés. Le travail qu’il réalise amène vers le centre EPIDE une proportion de jeunes qui correspond aux nombres de places disponibles.

Comment qualifiereriez-vous le mode d’accompagnement proposé ?

C’est un accompagnement global, au sens où des regards pluriels sont portés sur le jeune grâce à des équipes pluridisciplinaires. L’accompagnement est également individualisé, le parcours et la formation sont adaptés au rythme et au projet de chacun. Par exemple, les jeunes ne sont jamais notés. Les groupes sont restreints : ils sont composés de 15 jeunes maximum. Cela permet vraiment un suivi individualisé de qualité.

Les supports pédagogiques sont adaptés au projet professionnel du jeune au moment où celui-ci se précise. Quand le projet est validé, le jeune fait des exercices et les enseignants l’aident à acquérir des connaissances qui se rapportent directement à son projet professionnel. Ils ressentent alors un sentiment d’utilité et une motivation à apprendre qui les fait avancer plus facilement. Il arrive que des jeunes se découragent et puissent décrocher à un moment donné, mais tout est fait pour les aider à reprendre le cap.

Quelles sont les perspectives d’évolution de la formation des jeunes volontaires ?

Il n’y a pas à ce jour de formation professionnalisante. Nous avons juste lancé une expérimentation, en partenariat avec un centre de formation. Cela permettrait à des jeunes d’acquérir une première qualification dans le domaine de la restauration.

C’est une question que nous nous posons : multiplions-nous ce type d’expérience en intégrant au sein de notre service des possibilités d’accéder à une première qualification ou reste-t-on sur notre formation généraliste, centrée sur les moyens donnés aux jeunes gens pour qu’ils deviennent responsables, autonomes et actifs surtout c’est-à-dire en emploi.

A lire prochainement dans l’Info Hebdo : les témoignages de deux jeunes volontaires

Chiffres-clés

3618 volontaires admis dans les 18 centres EPIDE, pour un flux de 4500 jeunes par an (5500 attendus pour l’année 2015)
26 % de femmes et 74 % hommes
60 % des volontaires sont sans diplôme et 15 % ont un niveau V (CAP ou BEP)
Un chargé d’insertion professionnelle pour 30 jeunes dès 2015
Création d’un poste de chargé d’entreprise par centre EPIDE