«Dans n’importe quel Carrefour jeunesse emploi, le jeune est au centre de l’accompagnement» (Québec)

Du côté des Missions Locales |

Le voyage d’étude organisé dans le cadre du partenariat UNML - OFQJ et du Réseau carrefours jeunesse Emploi du Québec (RCJEQ) s’est déroulé en octobre dernier. Steva Sousseing et Matthieu Ciesco, professionnels de la Mission Locale Nord Essonne, reviennent sur cette expérience.

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Avez-vous remarqué des différences ou des ressemblances notables dans l’accompagnement des jeunes entre les Carrefours jeunesse emploi et les Missions Locales ?

Matthieu Ciesco : A Québec, dans n’importe quel Carrefour jeunesse emploi, le jeune est au centre de l’accompagnement. Cela existe aussi en Mission Locale mais là-bas, c’est beaucoup plus fort, beaucoup plus ancré. Les CJE développent l’autonomie des jeunes sur cette base.

Steva Sousseing : Chaque CJE est une entité propre légalement constituée et dirigée par un conseil d’administration indépendant et autonome. Ils sont financés par Emploi-Québec, le Secrétariat à la jeunesse et plusieurs autres partenaires. Chaque CJE offre les mêmes « services » mais pas de la même façon. Il s’adapte aux besoins de leur territoire et module l’offre de services en fonction de celui-ci. En termes d’organisation et de financement, cela ressemble aux Missions Locales.

M.C. : Dans la région de Québec, les CJE développent tous des projets communs sur une année. Ils se voient donc régulièrement pour monter des projets ensemble. Une autre chose aussi : cela a l’air moins compliqué administrativement à Québec. Ils ont compris que trop d’administratif nuisait au travail d’accompagnement.

Qu’avez-vous découvert là-bas qui vous a semblé particulièrement intéressant ?

M.C. : Il y a beaucoup d’actions intéressantes. « Interface » par exemple, qui relève de « l’exploration professionnelle ». Les jeunes sont accompagnés au moins une année, pendant laquelle ils suivent 6 semaines de stages en entreprise. Ils peuvent ensuite le confirmer avec un 2e stage de 12 semaines au sein d’une autre entreprise. Les jeunes perçoivent un salaire minimum pendant un an (1500 dollars canadiens), payés par le CJE (l’employeur n’a rien à payer). On a rencontré un des jeunes pour lequel le dispositif a vraiment apporté. A partir du moment où les jeunes sont inscrits à Emploi Québec, ils sont orientés automatiquement vers le CJE et ils doivent y aller (il y a une obligation de venir au rendez-vous).

S.S. : Ils prennent vraiment soin de la santé des jeunes, de voir où ils en sont, et ils travaillent ensuite sur leur projet professionnel. De plus, au Québec, il y a aussi une formation bien précise pour devenir conseiller, du niveau master, dans les matières psychosociales. Parce qu’ils se disent que si l’on doit accompagner le jeune dans son « entièreté » il faut au minimum cette formation. Notre formation «Conseiller en insertion professionnelle » française rejoindrait plutôt celle d’intervenant, et la leur plutôt celui de conseiller d’orientation, avec tout un volant d’accompagnement d’ordre psychologique et social.