« Débattre ensemble des formes nouvelles de démocratie » (Francine Labadie, INJEP)

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Les prochaines Rencontres annuelles de l’INJEP se tiendront le 14 décembre 2017 au Conseil économique, social et environnemental sur le thème «Les nouvelles jeunesses de la démocratie : une revitalisation de la participation citoyenne ?» L’occasion de rencontrer Francine Labadie, coordinatrice de l’observatoire – relations internationales de l’INJEP, plus particulièrement en charge de la thématique et du programme de ces Rencontres.

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Comment le thème de ces rencontres «Les nouvelles jeunesses de la démocratie : une revitalisation de la participation citoyenne ?» s’est-il imposé ?

Des raisons internes et externes nous ont conduits à retenir ce thème. Nous avons, lors de la formulation du projet de service de l’INJEP, identifié des problématiques communes entre les différentes missions. Nous avons constaté que la question des engagements était partagée et travaillée de multiples façons. Les rencontres sont donc l’occasion de valoriser tous les travaux de l’INJEP sur ce sujet.

Le contexte politique et social de 2017, année électorale, a par ailleurs aussi joué. Beaucoup de questions étaient posées, sur les engagements certes, mais aussi sur l’évolution de notre démocratie, sur la crise de la démocratie représentative.

Quand on regarde le vote des jeunes, on souligne souvent que les jeunes s’abstiennent beaucoup. Comment l’interpréter ? Se désintéressent-ils pour autant de la cité ? Les mouvements des places, les pratiques numériques citoyennes, le développement des engagements associatifs chez les jeunes invitent à dire que non. Nous avions envie d’aller un peu plus loin et de ne pas nous contenter d’ une analyse trop rapide, avec une volonté de saisir toute la créativité existante dans les diverses formes de participation à la vie de la cité portées par des jeunes. Les pratiques citoyennes des jeunes préfigurent-elles d’autres manières de faire de la politique ?

Même si la littérature scientifique sur la démocratie et la participation est importante, l’INJEP souhaite creuser à travers ces rencontres la question des formes et espaces de participation des jeunes à la vie de la cité, qu’il s’agisse de mouvements sociaux, de participation à des collectifs, d’engagements associatifs, sans oublier la question des publics qui s’engagent.

Comment se dérouleront les Rencontres ?

Cet événement ne consiste pas seulement à valoriser des travaux scientifiques, comme l’indique son nom « Rencontres ». Il s’agit aussi de permettre à des acteurs de différents horizons d’échanger sur leurs pratiques et de débattre ensemble des formes nouvelles de démocratie, qui relèvent plutôt de la démocratie participative…..On peut dire que c’est le fil conducteur de ces rencontres, organisées en trois grandes séquences, sous formes de tables rondes.

Le premier temps permettra de s’interroger sur la crise de la démocratie représentative, de revenir sur le vote des jeunes et sur l’abstention, en l’analysant d’un point de vue intergénérationnel , mais aussi de questionner de nouvelles formes de démocratie participative chez les jeunes. Des jeunes appartenant à des collectifs comme « We are ready now » (Warn) ou à des organisations syndicales, des experts de l’action publique ou scientifiques nous aideront à réfléchir sur ce sujet.

Une deuxième table ronde est destinée à faire un point de cadrage sur des formes nouvelles d’engagement, notamment en prenant appui sur des recherches récentes ainsi que sur des démarches innovantes expérimentées – et évaluées - dans le cadre de l’appel à projet du FEJ «Développement des organisations de jeunes dirigées par des jeunes». Il nous paraît important de consacrer un temps de réflexion et de débat à la question « qui sont les jeunes qui s’engagent, qui participent activement à la vie de la cité » ?

Les collectifs de jeunes seront présents, ainsi que des associations de jeunes, comme Animafac par exemple, qui a travaillé sur l’engagement des étudiants, ou le MRJC qui a expérimenté des parlements de jeunes pour échanger sur les démarches d’empowerment et sur les motivations à l’engagement.

L’après-midi, nous nous intéresserons plutôt au « comment », avec une table ronde sur la citoyenneté numérique avec notamment des organisations comme Démocratie ouverte ou Voxe.org, mais aussi, parmi les expérimentations-évaluations récentes du FEJ des initiatives relevant de démarches nouvelles.

Dans la deuxième table ronde sera questionnée la volonté de faire - le fait de participer concrètement à une action - souvent à l’origine des engagements.

Pour finir, une dernière table ronde permettra d’interpeller les institutions sur les idées et interventions de la journée.

Le programme de travail de l’INJEP 2017-2018 structuré autour de 4 axes

Quatre axes thématiques structurent la production de connaissance dans les champs de la jeunesse, de l’éducation populaire, des sports et de la vie associative.

  • Un premier axe a été défini autour de la question des inégalités et des discriminations, ainsi que la question du non-retour au droit chez les jeunes. Il s’inscrit dans la continuité des deux rapports précédents édités par l’INJEP à la documentation française : «Inégalités entre jeunes sur fond de crise» (2012) et «Parcours de jeunes et territoires» (2014) .
  • Le 2e axe de travail est dédié à la question des parcours/mobilités/territoires. La problématique des parcours est particulièrement intéressante s’agissant de la production de connaissances sur les jeunes car elle permet notamment de prendre en compte les différentes dimensions des processus d’autonomisation des jeunes ainsi que leurs ancrages dans différentes sphères de vie, notamment en articulant les temporalités individuelles avec les temporalités sociales et institutionnelles. La notion de parcours est également intéressante pour l’action publique et donc l’analyse de celle-ci, dans la mesure où elle permet de dépasser les difficultés liées à la multiplicité des seuils d’âge.
  • Le 3ème axe porte sur l’engagement et à la participation des jeunes dans la vie sociale, axe historique à l’INJEP, qui a souvent traité de la place des jeunes dans la société, de la prise en compte de leur parole, de la manière de les accompagner. Lire une des dernières études en date : «Engagement : quels leviers pour mobiliser les jeunes en retrait ?». Mais cet axe est aussi structuré autour de la question de l’éducation populaire, de l’éducation non-formelle et des transformations à l’œuvre dans ces champs. On ne saurait en effet interroger les transformations des pratiques démocratiques sans questionner les évolutions de l’éducation populaire et notamment dans la réalisation de ses finalités d’accès aux savoirs et à la culture comme condition de l’exercice de la citoyenneté. A titre d’exemple de publication : «Médiation numérique : mutations des pratiques, transformation des métiers»
  • Enfin, la vie associative, les expérimentations sociales constituent le 4e axe. L’apport des initiatives associatives ou collectives au renforcement des liens sociaux et solidaires mérite d’être étudié pour en comprendre les ressorts, les lignes de force ou les faiblesses, et les sortir de l’invisibilité. Par ailleurs, Il s’agit de capitaliser et de valoriser les expérimentations et les évaluations, sur les innovations sociales conduites dans le cadre du FEJ (fonds d’expérimentation pour la jeunesse).